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Page:Œuvres de Blaise Pascal, II.djvu/208

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i92 ŒUVRES

espace mesme exposé au soleil, change de rayons quand il change de place, sans porter avec soy, dans sa seconde place, la lumière qui le remplissoit dans la première, et que, dans les différentes situations, il receoit des rayons différents, aussy bien que des divers espaces.

Enfin, le P. Noël s'estonne qu il fasse tout et ne fasse rien; qu'il soit par tout et nulle part; quil soit et fasse merveilles, bien quil ne soit point; quil ail des dimensions sans en avoir. Si ce discours a du sens, je confesse que je ne le comprens pas; c'est pour quoy je ne me tiens pas obligé d'y respondre.

Voilà, monsieur, quelles sont ses difficultez et les choses qui le choquent dans mon sentiment; mais comme elles tesmoignent plus tost qu'il n'entend pas ma pensée, que non pas qu'il la contredise, et qu'il semble qu'il y trouve plutost de l'obscurité que des défauts, j'ay cru qu'il en trouveroit l'esclaircisse- ment dans ma lettre, s'il prenoit la peine de la veoir avec plus d'attention ; et qu'ainsi je n'estois pas obligé de luy respondre, puisqu'une seconde lecture suffî- roit pour résoudre les doutes que la première avoit fait naistre.

Pour la deuxiesme partie de sa lettre, qui regarde le changement de sa première pensée etl'establissement de la seconde, il déclare d'abord le sujet qu'il a de nier le vuide. La raison qu'il en rapporte est que le vuide ne tombe sous aucun des sens ; d'où il prend sujet de dire que, comme je nie l'existence de la ma- tière, par cette seule raison qu'elle ne donne aucune

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