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Page:Œuvres de Blaise Pascal, II.djvu/205

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LETTRE DE PASCAL A M. LE PAILLEUR i89

parance, comme tous les opticiens, la privation de tout obstacle au passage de la lumière, je ne veoy pas pourquoi il en frustre notre espace, qui la laisse passer librement : si bien que parlant sur ce sujet avec mon peu de connoissance, je luy eusse dit que ces termes transmet la lumière, qui ne sont propres qu'à sa façon d'imaginer la lumière, ont le mesme sens que ceux-cy : laisser passer la lumière; et qu'i7 est trans- parant c'est a dire, qu'il ne luy porte point d'obstacle: en quoy je ne trouve point d'absurdité ni de contra- diction.

// résiste sans résistance. Comme il ne juge de la résistance de cet espace que par le temps que les corps y employent dans leurs mouvemens, et que nous avons tant discouru sur la nullité de cette consé- quence, on verra qu'il n'a pas raison de dire qu'il résiste: et il se trouvera, au contraire, que cet espace ne résiste point ou qu'il est sans résistance, oii je ne veoy rien que de très conforme à la raison.

Qui est immuable et se transporte avec le tube. Ici le P. Noël montre combien peu il pénètre dans le sentiment qu'il veut réfuter; etj'aurois à le prier de remarquer sur ce sujet, que quand un sentiment est embrassé par plusieurs personnes sçavantes, on ne doit point faire d'estime des objections qui semblent le ruiner, quand elles sont très faciles à prévoir, parce que on doit croire que ceux qui le soutiennent y ont déjà pris garde, et qu'estant facilement descou- vertes, ils en ont trouvé la solution puisqu'ils conti- nuent dans cette pensée. Or, pour examiner cette

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