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Page:Œuvres de Blaise Pascal, II.djvu/197

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LETTRE DE PASCAL A M. LE PAILLEUR 181

rien nem'obligeoit de précipiter maresponse, que je voulois rendre plus exacte, en la différant pour un temps. A ces considérations, je joignis que, comme tous les différends de cette sorte demeurent éternels si quelqu'un ne les interrompt, et qu'ils ne peuvent estre achevez si une des deux parties ne commence à finir, j'ay cru que Tage, le mérite et la condition de ce Père m'obligeoit à luy céder l'avantage d'avoir escrit le dernier sur ce sujet. Mais outre toutes ces raisons, j'avoue que sa lettre seule suffisoit pour me dispenser de luy respondre, et je m'asseure que vous trouverez qu'elle semble avoir esté exprez conceuë en termes qui ne m'obligeoient pas à luy respondre.

Pourle monstrer, je vous feray remarquer les points qu'il a traitez, mais par un ordre différent du sien, et tel qu'il eust choisy, sans doute, dans un ouvrage plus travaillé, mais qu'il n'a pas jugé nécessaire dans la naïveté d'une lettre ; car chacun de ces points se trouve espars dans tout le corps de son discours, et couché en presque toutes ses parties.

Il a dessein d'y déclarer que ma lettre luy a fait quitter son premier sentiment, sans qu'il puisse neantmoins s'accommoder au mien. Tellement que nous la pouvons considérer comme divisée en deux parties, dont l'une contient les choses qui l'empes- chent de suivre ma pensée, et l'autre celles qui ap- puyent son deuxième sentiment. C'est sur chacune de ces parties que j'espère vous faire voir combien peu j'estois obligé de respondre.

Pour la première, qui regarde les choses qui l'esloi-

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