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Page:Œuvres de Blaise Pascal, II.djvu/196

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180 ŒUVRES

particulières, elles soufîroient quelque violence quand elles n'estoient pas secrètes.

J'avoue que si cette proposition m'estoit venue d'une autre part que de celle de ces bons Pères, elle m'auroit esté suspecte, et j'eusse craint que celuy qui me l'eust faite n'eust voulu se prévaloir d'un si- lence où il m'auroit engagé par une prière captieuse. Mais je doutay si peu de leur sincérité, que je leur promis tout sans reserve et sans crainte. J'ay ensuite tenu sa lettre secrette et sans response avec un soin très particulier. C'est de là que plusieurs personnes, et mesme de ces Pères, qui n'estoient pas bien in- formez de l'intention du P. Noël, ont pris sujet de dire qu'ayant trouvé dans sa lettre la ruine de mes sentimens, j'en ay dissimulé les beautez, de peur de descouvrir ma honte, et que ma seule foiblesse m'a empesché de luy repartir.

Voyez, monsieur, combien cette conjoncture m'es- toit contraire, puisque je n'ay pu cacher sa lettre sans desavantage, ny la publier sans infidélité ; et que mon honneur estoit également menacé par ma response et par mon silence, en ce que l'une trahissoit ma promesse, et l'autre mon interest.

Cependant j'ay gardé religieusement ma parole ; et j'avois remis de repartir à sa lettre dans le Traité où je dois respondre précisément à toutes les objec- tions qu'on a faites contre cette proposition que j'ay avancée dans mon abrégé, « que cet espace n'est plein d'aucune des matières qui tombent sous les sens, et qui sont connues dans la nature. » Ainsy j'ay creu que

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