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Page:Œuvres de Blaise Pascal, II.djvu/190

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fis connoistre à luy et j’en fus receu avec autant de civilitez que j’eusse peu souhaitter ; elles appartenoient toutes à Monsieur mon pere, puisque je les recensa sa considération. Ensuitte des premiers compliments, je luy demanday permission de le revoir de temps en temps ; il me l’accorda. Ainsy je fus en liberté de le voir, de sorte que je ne compte pas cette première vue pour visite, puisqu’elle n’en fut que la permission. J’y fus à quelque temps de là, et entre autres discours je luy dis avec ma franchise et ma naïfveté ordinaires que nous avions vu leurs livres et ceux de leurs adversaires ; que c’estoit assez pour luy faire entendre que nous estions de leurs sentiments. Il m’en tesmoigna quelque joye. Je luy dis ensuitte que je pensois que l’on pouvoit, suivant les principes mesmes du sens commun, démontrer beaucoup de choses que les adversaires disent luy estre contraires, et que le raisonnement bien conduit portoit à les croire, quoy qu’il les faille croire sans l’aide du raisonnement.

Ce furent mes propres termes, où je ne croy pas qu’il y ait de quoy blesser la plus severe modestie. Mais, comme tu sçais que toutes les actions peuvent avoir deux sources, et que ce discours pouvoit pro-

��pensionnaires « (Histoire de Port-Royal, t. IV, p. 206-208). — Étant données les relations que Pascal entretenait à cette époque avec le groupe des savants parisiens, il n’est pas sans intérêt de rappeler que le P, Hilarion de la Coste compte parmi les amis du P. Mersenne « Monsieur Rebours, prestre, auquel il a dédié l’un de ses livres. » (La Vie du R. P. Marin Mersenne, théologien, philosophe et mathématicien, de l’ordre des Pères Minimes, Paris, Cramoisy, 16^9, p- 68)-