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Page:Œuvres de Blaise Pascal, II.djvu/182

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166 ŒUVRES

si le changement des tems et des lieux n’y fait rien, je vous envoie une mesure de papier de deux pieds et demi, où le troisiesme et le quatriesme pouces, au-delà de deux pieds, sont divisés en lignes, et j’en retiens icy une autre toute semblable, afin que nous puissions voir si nos ob- servations s’accorderont. Je vous prie donc de vouloir observer en tems froid et en tems chaud, et lorsque le vent du sud et du nord souffleront jusqu’à quel endroit de cette mesure le vif-argent montera ; et afin que vous sça- chiez qu’il s’y trouvera de la différence, et que cela vous engage à m’escrire aussy tout franchement vos observa- tions, je vous diray que, lundi dernier, la hauteur du vif argent estoit justement de deux pieds trois pouces, selon cette mesure, et qu’hier, quiestoitjeudi, elle estoit un peu au-delà de deux pieds et quatre pouces ; mais aujourd’huy

��reçu la lettre de Descartes, le 4 janvier i6/i8, Mersenne écrivait à Constantin Huygens : « Me diriez-vous bien le lieu le plus haut de nostre terre qui est à mon adv^’s la montagne qui sera la plus éloignée de la mer, maintenant icy comme Langres est le plus haut lieu de France ; par ce que les rivières en descendent jusques à l’Océan,

« Hevelius que vous aurez peut estre vu, dans sa belle Selenographie, tient que la plus haute montagne de la Lune a une lieue et demie et celle de Terre n’a tout au plus qu’une lieue. Je voudrois que quelqu’un de vos Messieurs qui font là leur voyage fissent mesurer le Pic Tanarife, dont parle Josephus à Costa pour avoir esté au haut avec eau de vie et vinaigre, pour ayder la respiration, affin de voir s’il a plus d’une lieue de perpendiculaire sur l’orizon ?

ic Si nous avions icy une telle montagne, j’y monterois avec du vif-argent et des tuyaux pour voir si le vuide s’y feroit plus grand ou plus petit qu’icy. Ce qui nous feroit décider nécessairement pour sçavoir la raison de ce vuide comme vous verrez dans mon Livre d’observations, » Œuvres de Christian Huygens, t. I, 1888, p. 77. — La Selenographie de Jean Hevelius avait paru l’année précédente. L’Historia naturel y moral de las Indias, par le P. Jésuite Joseph de Acosta avait été publiée à Madrid en 1608,

a. Le 9 décembre 1647. — Mersenne avait déjà fait des observations semblables devant Descartes (Fide supra, p. i5i).