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Page:Œuvres de Blaise Pascal, II.djvu/172

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156 ŒUVRES

��présence avec deux tuyaux l'un dans l'autre, qui monstre apparemment le Vuide dans le Vuide.Vous vistes que le vif-argent du tuyau intérieur demeura

��bientost pour conférer avec luy. » Le 21 octobre, il écrit: « Nous avons maintenant M^" Perier à Clermont, et il y a aujourd'huy huit jours qu'il nous fit voir chés luy l'expérience du vuyde en présence des plus curieux de la ville. Parmis ceux qm s'y trouvèrent, 3 ou 4 personnes seulement demeurèrent d'accord que [c'Jestoit un vray vuide entre lesquels je vous avoue que j'en suis un, ne me pouvant contenter de ce qui me fut dit au contraire par quelques opiniâtres Peripateticiens, entre lesquels deux médecins firent bien du bruit pour défendre leur maitre, alegant à peu près la mesme chose que ce que vous dites avoir esté alegué par d'autres à Paris, -^ savoir qu'il reste de l'air dans la partie du tuyau qui semble vuide, lequel estant au commencement meslé avec le mercure s'en sépare pour remplir cet espace, le mercure estant toujours plein de parties aériennes et avant une grande affinité avec l'air ; et autres semblables balivernes, qui ne sont que des paroles, et n'ont aucune aparence. D'autres ale- guerent ce que je vous ay desja escrit. Il y en eut un, qui confessa qu'il se trouveroit fort esbranlé à croire que cet espace est un vray vuide si, y ayant fait un trou, les 2 i/4 pieds de mercure descendoient. Je m'offris aussitost à gager 100 contre i, que cela arriveroit infail- liblement, ce cjui fut confirmé par M. Perier ; mais l'espreuve ne s'en pût pas faire alors, et le jeudy suivant [77 octobre] je partis de Clermont et n'ay point ouy parler de rien depuis » (apud Œuvres de Descartes, éd. Adam et Tannery. t. V, p. 102). C'est donc dans la seconde quinzaine d'octobre que fut entrepris le voyage que Pascal nous fait connaître. Perier, dont M. Jaloustre a noté les déplacements ra- pides, prévoyait d'ailleurs au Conseil du 3 octobre, un voyage à Paris, sans cependant s'engager à prolonger son séjour jusqu'à la solution des affaires en cours, à cause de sa commission en Bourbonnais : « il ne sçait s'il pourra pendant l'exécution de la dite ordonnance prendre le temps pour soHciter et faire juger ledit affaire de la traicte foraine, et que s'yl se peut, sauf ce qu'il doit au service du roy pour ladite commis- sion, il offre s'y employer, autrement non » (Jaloustre, p. 7). De fait, au Conseil du 26 octobre, Perier, qui a quitté Clermont, fait savoir qu'il est obligé de revenir sur cette acceptation conditionnelle. Il ne lui est pas possible de faire « le voyage en cour » dont il avait été prié par l'assemblée du pays « au subject d'une commission qu'il a dans le Bourbonnois pour les propres affaires du roy, à laquelle il fault nécessairement qu'il vaque et qu'il s'y employé avec toute dili-

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