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Page:Œuvres de Blaise Pascal, II.djvu/170

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i34 ŒUVRES

les autres ont maintenu qu'elle ne le pouvoit souf- frir. J'ay travaillé, dans mon Abbrégé du traitté du Vuide, à destruire cette dernière opinion, et je croy que les expériences que j'y ay rapportées suffisent pour faire voir manifestement que la nature peut souffrir et souffre en effect un espace, si grand que l'on voudra, vuide de tous les matières qui sont en nostre cognoissance, et qui tombent souz nos sens. Je travaille maintenant à examiner la vérité de la première, et à chercher des expériences qui facent voir si les effects que l'on attribue à l'horreur du Vuide, doivent estre véritablement attribuez à cet horreur du Vuide, ou s'ils le doivent estre à la pesanteur et pression de Tair ; car, pour vous ouvrir franchement ma pensée, j'ay peine à croire que la nature, qui n'est point animée, ny sensible, soit susceptible d'horreur, puisque les passions présup- posent une ame capable de les ressentir\ et j'incline bien plus à imputer tous ces effects à la pesanteur et pression de l'air, parce que je ne les considère que comme des cas particuliers d'une proposition uni» verselle de l'Equilibre des liqueurs, qui doit faire U plus grande partie du traitté que j'ay promis ^ Ce n'est pas que je n'eusse ces mesmes pensées lors de la production de mon abbrégé ; et toutesfois, faute d'expériences convaincantes, jen'osay pas alors

��1. Vide infra, p. 53o.

2. Sur la genèse et la portée de cette proposition, voir le texte de Galilée cité plus haut en note, p. 67, et nos Introductions à la Pre- mière Narration de Roberval, supra, p. 8, et au Traité de l'Équilibre des Liqueurs, infra, i. III, p, i46.

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