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Page:Œuvres de Blaise Pascal, II.djvu/141

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SECONDE LETTRE DU P. NOËL A PASCAL 125

de figurer la veûe) des rayons composez d'esprits lucides, ne peut convenir à la lumière qui passe par le vuide, si le vuide n'a les qualitez d'un corps Iransparant \

Quand j'ay dict que la lumière penettroit ce vuide appa- rent avec refractions et reflexions, je n'ay point dit qu'il / en eust d'autres sensibles que celle du verre. Je sçay bien que les optiques mettent des refractions dans l'air à la sortie du verre ; mais comme elles ne peuvent estre sensibles en nostre vuide apparent, je ne m'y arreste pas.

Au reste, Monsieur, vous pouvez, en cette response, veoir ma franchise et docilité, que je ne suis point opi- niastre, et que je ne cherche que la vérité. Vostre objec- tion m'a fait quitter mes premières idées ; prest à quitter ce qui est dans la présente contraire à vos sentiments, si vous m'en faictes paroistre le défaut : vous m'avez extrê- mement obligé par vos expériences, me confirmant en mes pensées, fort difi'erentes de la plus part de celles qui s'enseignent aux EschoUes : il me semble qu'elles s'adjuste- roient bien aux vostres, excepté le vuide, que je ne sçau- rois encores gouster. Si je nestois incommodé d'une jambe, je me donnerois l'honneur de vous veoir, et de vous assurer de bouche, ce que je fais par escript, que je suis de tout mon cœur. Monsieur,

Vostre très humble et très obéissant serviteur selon Dieu.

Estienne Noël.

��I. La conséquence est explicitement indiquée par Aristote, dans le même chapitre, ^IQ a 20 : àvaYxaTov xi elvai [ietaÇû" xsvou &è ']'£vo[xcvou où'/ OTt â/.p'.6ôjç, oûX oXoj; oùôiv ôoôrlac-cai.

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