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Page:Œuvres de Blaise Pascal, II.djvu/136

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120 ŒUVRES

appelle humeurs, meslées dans nos vaines, artères et autres concavitez de nostre corps, faict entendre ce mes- lange des elemens dans le grand monde, où les actions et mouvements du firmament, des estoilles et des pla- nettes, et principallement du soleil, font veoir que les élé- ments y doivent estre mcslez, en sorte que vous ne sçau- riez prendre aucune partie sensible de l'un que les autres n'y soyent. Le soleil envoyé continuellement et par tout ]e monde ses esprits solaires, qui, sans cesse et insensible- ment, meuvent et meslent tout pour le bien du monde, comme le cœur envoyé par tout le corps ses esprits de vie, qui remuent sans cesse et meslent tout pour le bien du corps.

L'expérience nous apprend que les corps se tiennent les uns les autres.

Premièrement, les homogènes, s'il y en a de continus, et à faute de ceux cy les hétérogènes contigus, et entre ceux cy les plus faciles à mouvoir. Donc le vif argent, meu de sa pesanteur, en descendant tirera l'air qui est dans les pores, comme le plus mobile des corps hétéro- gènes contigus, et l'air qui est dans les pores celuy qui luy est* [congénère] et contigu, comme l'eau tire Feau.

Il me semble qu'en voila suffisamment pour dire, avec le commun, que les elemens sont meslez, que l'air se sépare de l'eau, et quitte, quand il y est contrainct, son plus grossier, et qu'il passe dans le tube par les pores du verre, et que le vuide véritable n'est appuyé sur la raison, ny sur l'expérience.

Disons maintenant pour quoy le vif argent, le tube

��I. Le manuscrit donne congeneé, que Bossiit a modifie en congnc : je pense que le P. Noël a écrit congénère.

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