Ouvrir le menu principal

Page:Œuvres de Blaise Pascal, II.djvu/131

Cette page n’a pas encore été corrigée


SECONDE LETTRE DU P. NOËL A PASCAL ii5

^is je, de ce feu là dans l'air, on le peut connoistre au foyer d'un miroir ardant qui brusle par le concours des rayons qui sont dans l'air, et par un mouchoir où se ramassent les esprits ignées que l'air qui est autour du feu luy apporte ; d'où l'on veoit sortir des estincelles dans un lieu obscur, quand, après l'avoir estendu e bien chauffé, et resserré tout chaud, on l'estend et passe en la main par dessus un peu rudement ; que si les feux de nos cheminées remplissent d'esprits ignées l'air d'al- lentour, le soleil, qui brusle par refractions et reflexions, pourra bien espandre ses esprits solaires en tout Tair du monde, et par conséquent y avoir du feu, que Monsieur Descartes appelle petite matière.

L'expérience nous apprend aussy que, dans le mes- lange que nous appelons eau, il y a de l'air ; en voici une <;onvainquante :

Faictes une chambre carrée de cinq ou six piedz en tout sens, à la chaussée d'un ruisseau de mesme hau- teur ; mettez au milieu de la voutte un canal rond de trois ou quatre poulces de diamettre, long de quatre pieds, qui descende en la chambre perpendiculairement au pavé, faicl au niveau par où l'eau du ruisseau couUe à plomb sur le milieu d'une pierre fort dure, platte, ronde et à un pied de diamettre plus haute que le reste du pavé de trois poulces ; faictes à costé, dans Fune des quatre murailles, à fleur du pavé, un trou par où l'eau s'escoule; faictes en un autre, à un pied du pavé, dans la muraille qui est vis à vis de ce trou ; naisse en dehors un canal rond et long de trois pieds qui le remplisse parfaictement, et aille s'estressissant depuis sa naissance de la muraille, où il a neuf à dix pouces de diamettre jusques au bout qui sera de deux à trois poulces : l'air sortira sans cesse par ce canal avec autant d'impétuosité

�� �