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Page:Œuvres de Blaise Pascal, II.djvu/123

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SECONDE LETTRE DU P. NOËL A PASCAL

Monsieur,

Celle dont il vous a pieu m'honorer, me fust rendue jeudy au soir entre cinq et six, par un de nos pères. Je l'ay leiie, avec admiration qu'en si peu de temps et incommodé de votre santé, vous ayez respondu de point en point à toute ma lettre ; et avec un singulier contentement que vous procceddiez à la recherche de la vérité sy généreusement et sy methodicquement, et m'ayez, avec tant de civilité, laict part de vos pensées touchant le Vuide. Je vous remercie très humblement et de tout mon cœur ; j'ayme la vérité, et la recherche sans préoccupation, dans vos sentiments, de la façon dont on traicte la science dans les Echolles et de celle qui en usage parmi les personnes qui veulent veoir, et non pas croire, ce qui se peut sçavoir. Je me sens obligé à vous dire ce qui m'est venu en l'esprit après les lumières que m'a données la lecture de vostre lettre vrayement docte, claire et courtoise : et pour com- mencer par la définition de l'espace vuide, qui semble estre le fondement de tout le reste, je rapporteray vos paroUes.

(( Ce que nous appelions un espace vuide est un espace ayant longueur, largeur et profondeur, immobile et capa- ble de recevoir et contenir un corps de pareille longueur

��I. La Physica \'etus et nova du P, Noël oppose dès les premières pages la définition aristotélicienne du corps à la définition cartésienne : Sunt qui corpus naturale definiant, longum, latum et profundum, et ré- fute celte définition comme convenant au corps mathématicpie, non au corps physique. (Cramoisy, i6/i8, Privilège du 8 Février i64G),

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