Ouvrir le menu principal

Page:Œuvres de Blaise Pascal, II.djvu/119

Cette page n’a pas encore été corrigée


l’air seroit remply d’esprits ignéez (ce que je ne trouve pas simplement vray semblable), et qu’ils auroient les qualitez que vous leur donnez (ce n’est qu’une pure pensée, qui ne paroist évidente, nyàvous, ny à personne): il ne s’ensuivroitpas de là que l’espace^ en fut remply. Et quand il seroit vray encore qu’en supposant qu’il en fut plein (ce qui ne paroist en façon quelconque), on pourroit en déduire tout ce qui paroist dans les expériences : le plus favorable jugement que l’on pourroit faire de cette oppinion, seroit de la mettre au rang des vray semblables. Mais comme on en conclud nécessairement des choses contraires aux expériences, jugez quelle place elle doit tenir entre les trois sortes d’hypothèses dont nous avons parlé tantost.

Vers la fin de vostre lettre, pour définir le corps, vous n’en expliquez que quelques accidents, et encore respectifs, comme de haut, de bas, de droict, de gauche, qui font proprement la définition de l’espace, et qui ne conviennent au corps, qu’en tant qu’il occuppe de l’espace. Car, suivant vos auteurs mesmes, le corps est definy ce qui est compose de matière et de forme ; et ce que nous appelions un espace vuide, est un espace ayant longueur, largeur et profondeur, immobile et capable de recevoir et contenir un corps de pareille longueur et figure ; et c’est ce qu’on appelle solide en géométrie, où l’on ne considère que les choses abstraites et immatérielles ^ De

I, [vuide].

3. Dans les premiers Principes et Définitions, qu’il avait rédigés