Ouvrir le menu principal

Page:Œuvres de Blaise Pascal, II.djvu/116

Cette page n’a pas encore été corrigée


iOO ŒUVRES

puis peu de temps ; donc cette pierre doibt estre en- core chaude : or elle est chaude ; par conséquent elle a esté mise au feu ? Il faudroit pour cela que le feu fut l'unique cause de sa chaleur : mais comme elle peut procedder du soleil et de la friction, sa consé- quence seroit sans force. Car comme une mesme cause peut produire plusieurs efPects différents, un mesme effect peut estre produit par plusieurs causes différentes. C'est ainsy que, quand on discourt hu- mainement du mouvement, de la stabilité de la terre, tous les phénomènes des mouvements ^ et rétro- gradations des planettes, s'ensuivent parfaitement des hypothèses de Ptolemée, de Tycho^,de Copernic et de beaucoup d'autres qu'on peut faire, de toutes lesquelles une seule peut estre véritable \ Mais qai osera faire un si grand discernement, et qui pourra,

��1. Et addition autographe.

2. Pascal s'excusant plus bas de l'orthographe delà lettre, ce serait sans doute trahir que d'écrire avec le manuscrit hypoiheiscs de Ptolo- mée, de Tico.

3. Cf. Pensées, section III, fr. 218 : « Je trouve bon qu'on n'appro- fondisse pas l'opinion de Copernic. » Pascal songe encore à la troi- sième partie des Principes de la Philosophie: « Les astronomes ont inventé trois différentes hypothèses ou suppositions, qu'ils ont seule- ment iasché de rendre propres à expliquer tous les phainomenes, sans s'arrester particuîicrenient à examiner si elles estoient avec ct-la conformes à la venté. » (^;^v^ i5). Traduction parue en 16^7, A. T., t. IX, p. 108. La distinction des phénomènes et des hypothèses était classique en astronomie : le rôle de l'astronome, suivant un texte de Posidonius, se distingue précisément de celui du géomètre, en ce qu'il axoTCEi Ti'aiv u-oÔc'aeatv ày.oXo'j')r[azi -x xaTa tôv oùpavôv oatvoueva. Cf. Mansion, Note sur le caractère géométrique de l'ancienne astronomie, Aipud A bhandlung en zur Geschicjde der Mathematischen Wissenschaften, t. IX, Leipzig, 1899, p. 279.

��1

�� �