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Page:Œuvres de Blaise Pascal, II.djvu/111

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RÉPONSE DE BLAISE PASCAL 95-

corps, VOUS ne vous mettez plus en peine que de chercher quel est ce corps ; et pour décider aiïirma- tivement quelle matière le remplit, vous commencez par ces termes : « Présupposons que, comme le sang est meslé de plusieurs liqueurs qui le composent, ainsy l'air est composé d'air et de feu, et des quatre éléments qui entrent en la composition de tous les corps de\aLnai\uTe.y)Yous présupposez en suitte que ce feu peut estre séparé de l'air, et qu'en estant séparé, il peut penettrer les pores du verre ; présupposez en- cores qu'en estant séparé, il a inclination à y retour- ner, et encores qu'il y est sans cesse attiré ; et vous expliquez ce discours, assés intelligible de soy mesme, par des comparaisons, que aous yadjoustez.

Mais, M. P., je crois que vous donnez cela pour une pensée, et non pas pour une démonstration ; et quelque peine que j'aye d'accommoder la pensée que j'en ay aA-ec la fin de A^ostre lettre, je croy que, si vous vouliez donner des preuves, elles ne seroient pas si peu fondées. Car en ce temps oii un si grand nombre de personnes sçavantes cherchent aA ec tant de soing quelle matière remplit cet espace ; que cette difficulté agite aujourd'lmy tant d'esprits : j'au- rois peine à croire que, pour apporter une solution si désirée à un si grand et si juste double vous ne donnassiez autre chose qu'une matière, dont vous supposez non-seulement les qualitez, mais encore l'existence mesme ; de sorte que qui présupposera le contraire, tirera une conséquence contraire aussy nécessairement. Si cette façon de prouAcr est receuë,.

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