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Page:Œuvres de Blaise Pascal, I.djvu/64

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maniere qui luy a toûjours attiré l’estime de toutes les personnes qui l’ont connu. Mais quoy qu’il eut une tres grande probité, beaucoup de capacité et qu’il remplit ses devoirs avec beaucoup d’honneur, on peut dire que tout ce qu’il faisoit n’estoit proprement l’effet que d’une vertu morale, mais point du tout d’une vertu chrestienne ; car il pensoit, comme tous les autres gens du monde font, à pousser sa fortune, à establir ses enfants, et à les eslever en gens d’honneur, selon leur condition. Il maria ma mere en ce temps là ; il la maria en Normandie, quoy que mon père fut de Clermont aussi bien que luy, et ce fut par occasion. Il y eut une commission importante dans l’intendance de Normandie que l’on manda à mon grand pere de remplir d’une personne dont le roy luy fit l’honneur de luy donner le choix ; il jetta les yeux sur mon pere qui estoit un jeune homme, desja conseiller de la