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Page:Œuvres de Blaise Pascal, I.djvu/59

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mere y consentit, et donna sa petite sœur à qui on fit apprendre son rolle, qu’elle jouoit si parfaitement dans les repetitions où madame d’Aiguillon se trouvoit toujours, qu’on ne douta point qu’on ne put hasarder de luy faire demander le retour de mon grand pere.

Le jour donc estant venu que la comedie devoit estre representée devant M. le cardinal, madame d’Aiguillon convint avec ma mere que d’abord que la comedie seroit finie elle prendroit sa petite sœur, et la presenteroit à M. le cardinal, et qu’apres les premieres amitiés que M. le Cardinal luy auroit faites elle luy parleroit de cela. Et pour rendre la chose plus seure madame d’Aiguillon prevint M. le Chancelier, et le pria de s’y trouver, et de ne point s’en aller que la chose ne fut faite et d’y aider[1].

  1. En songeant à ce que Pascal devait devenir, on ne peut s’empêcher de rappeler ici qu’en 1641, les amis de Saint-Cyran crurent, pour obtenir sa liberté, pouvoir faire appel au « crédit de Madame d’Aiguillon dont ils connaissaient le pouvoir sur l’esprit de M. le cardinal de Richelieu, son oncle. » Mémoires de Godefroi Hermant. Éd. Gazier, t. I, 1905, p. 125.