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Page:Œuvres de Blaise Pascal, I.djvu/436

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380 ŒUVRES

obligea, comme on ne voulloit pas le presser, de passer à d'autres matières, après avoir tesmoigné premièrement l'estonnement que produisoient tant de choses esloignées du sentiment commun des catholiques. — Mais pouroster tout d'un coup à l'assemblée l'occasion de s'estonnerde tout ce qui lui restoit à dire, il dit qu'il alloit advancer une proposition qui estonneroit bien davantage, et^ qui neantmoings estoit une suitte de ses antécédents, à sçavoir qu'il diroit bien par ses principes combien il debvoit y avoir d'hommes. — Chacun à cette promesse tesmoigna le redoublement de son admiration, et comme on souhaittoit d'aprendre comment il pourroit sçavoir une chose sy ca- chée et si difficille, il dit qu'il y auroit des hommes, jusques à ce que la masse corporelle fust espuisée. Ces termes non entendus firent qu'on le pria d'en donner une plus ample explication, ce qu'il fist disant que la masse corporelle comprenoit tous les corps tant cellestes que terrestres, et que toutte cette masse devoit servir successivement à com- poser des hommes, parce qu'il falloit qu'il y eust autant d'hommes comme il y avoit de parties de cette masse qui estoient suffisantes pour estre unies à des âmes et faire des hommes, à cause qu'il falloit que tout retournast à Dieu comme tout en estoit venu. Dieu n'ayant produit ses créatures qu'à ce dessain ; et que par conséquent tous les corps debvoient aussy bien retourner à luy que les esprits, avec cette différence que les esprits estant cappa- bles de cognoissance et d'amour pouvoient y retourner seuls, mais les corps estant privés de l'un et de l'autre ne pouvoient y retourner, s'ils n'y estoient reportez par des esprits. Et pour cet effect, la sagesse de Dieu avoit trouvé l'invention d'unir des esprits aux corps, affin qu'ils re-

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