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Page:Œuvres de Blaise Pascal, I.djvu/427

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RÉGIT DE DEUX CONFERENCES 37J

lesdits sieurs du Mesnil et Auzoult tesmoignerent au sieur de Saint- Ange le désir qu'ils avoient de le cognoistre à cause du grand estime qu'ils avoient ouy faire de luy, il se passa quelques discours indifférents. On discourut après de la certitude des sciences et des principes de nos cognoissances, qui sont les effects lorsqu'ils nous mènent par le raisonnement à la cognoissance des causes^, à cause de leur nécessaire dépendance d'icelles. A cela, le sieur de Saint-Ange dit qu'il ne falloit pas se persuader qu'il y eust aucune connexion nécessaire des causes naturelles à leurs effects, que n'y ayant que la Trinité qui fust néces- saire tout le reste par sa nature n'avoit aucun ordre nécessaire, que tout cela despendoit des décrets de la vol- lonté de Dieu ; donc que pour cognoistre les effects il falloit cognoistre les décrets, ce qui ne se pouvoit faire qu'aprez la cognoissance de la Trinité, et ensuitte des convenances selon lesquelles Dieu a formé ses décrets; que par conséquent il falloit cognoistre la Trinité devant que d'avoir les autres sciences, qu'elle es toit son antécédent et que de cette cognoissance despendoit sa théologie et sa phisique.

On luy demanda par quel moyen il cognoissoit la Trinité, il respondit qu'il la desmontroit par la raison. Cela surprist la compagnie, et comme on luy proposoit quelques difficultés à cause que ne cognoissant rien de Dieu par la raison que ce que nous en pouvons conclure de la cognoissance des créatures, et n'y ayant ^ aucune chose dans icelles qui nous oblige de songer à un si haut

��bile, lui valurent en 1666 un siège à l'Académie des Sciences. Il mourut en 1691.

I . A cause en surcharge et d'une écriture qui paraît différente.

3. [Aucunes choses] qui nous [obligent].

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