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Page:Œuvres de Blaise Pascal, I.djvu/381

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INTRODUCTION



En octobre 1646 le hasard d'une visite que son père reçut à Rouen ouvrit à la curiosité de Blaise Pascal un horizon nouveau. Les recherches où il s'engage le retiennent jusqu'à la veille de sa conversion définitive : le mémoire latin de 1654 (Vide supra, t. III, p. 3o8) mentionne l'impression prochaine d'un Traité sur le Vide. De ces recherches qui assurent à Pascal une place importante dans l'histoire de la barométrie, une place exceptionnelle dans l'histoire de l'hydrostatique, quelles furent exactement les circonstances initiales? comment s'effectua la première expérience dont les Pascal furent témoins à Rouen? quelle relation avait-elle avec les opinions philosophiques du père, et quelles réflexions suscita-t-elle chez le fils ? à ces questions répond avec toute la précision nécessaire une lettre écrite en forme de « procez-verbal » le 19 novembre 1646 par l'auteur même de la première expérience de Rouen, Pierre Petit.

Petit, né à Montluçon le 8 décembre 1594, avait été commissaire provincial de l'Artillerie et ingénieur du Roi, avant d'être intendant des Fortifications. Il joua un certain rôle dans la vie scientifique du xviie siècle, comme en témoigne son intervention dans la polémique soulevée par la Dioptrique de Descartes (Voir Œuvres de Descartes, édit. Adam et Tannery, en particulier la lettre du 16 mars 1638 à Mersenne, t. II, p. 86, 90 et 96). « C'estoit, dit Baillet, un jeune homme de beaucoup de génie pour les mathématiques, qui excelloit particulièrement dans l'Astronomie, et qui avoit une passion particulière pour les choses dont la cognoissance despend des expériences. » (Vie de M. Descartes, 1691, t. I, p. 326.) Il était surtout lié avec Gassendi, dont il est à ce moment le collaborateur et qui fait un chaud éloge de Petit