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Page:Œuvres de Blaise Pascal, I.djvu/365

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ADVIS 309

prendre une asseurance entière et la donner aux autres, je n'ay pu le faire qu'après en avoir fait l'ex- périence par le transport de l'instrument durant plus de deux cens cinquante lieues de chemin, sans aucune altération.

Ainsi (cher Lecteur) je te conjure encore une fois de ne point prendre pour imperfection que cette Ma- chine soit composée de tant de pièces, puis que sans cette composition, je ne pouvois luy donner toutes les conditions cy-devant déduites, qui toutefois lui estoient toutes nécessaires ; en quoy tu pourras re- marquer une espèce de paradoxe, que pour rendre le mouvement de l'opération plus simple, il a fallu que la Machine ait esté construite d'un mouvement plus composé.

La seconde cause que je prevoy capable de te donner de l'ombrage, ce sont (cher Lecteur) les mauvaises copies de cette machine qui pourroient estre produites par la présomption des Artisans : en ces occasions, je te conjure d'y porter soigneusement l'esprit de distinction, te garder de la surprise, dis- tinguer entre la lèpre et la lèpre \ et ne pas juger des véritables originaux par les productions imparfaites de l'ignorance et de la témérité des ouvriers : plus ils sont excellens en leur Art, plus il est à craindre que la vanité ne les enlevé par la persuasion qu'ils se donnent trop légèrement d'estre capables d'entre- prendre et d'exécuter d'eux-mesmes des ouvrages

I. Bossut imprime : « distinguer entre la copie et la copie. »

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