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Page:Œuvres de Blaise Pascal, I.djvu/363

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ADVIS 307

rations, elle est toute apparente, en ce qu'il est aussi facile de faire mouvoir mille et dix mille roues tout à la fois, si elles y estoient, quoyque toutes achè- vent leur mouvement très parfait, que d'en faire mouvoir une seule (je ne sçay si, après le principe sur lequel j'ay fondé cette facilité, il en reste un autre dans la Nature). Que si tu veux, outre la faci- lité du mouvement de l'opération, sçavoir quelle est la facilité de l'opération mesme, c'est à dire la faci- lité qu'il y a en l'opération par cette Machine, tu le peux, si tu prends la peine de la comparer avec les méthodes d'opérer par le jetton et par la plume. Tu sçais comme, en opérant par le jetton, le Calculateur (surtout lorsqu'il manque d'habitude) est souvent obligé, de peur de tomber en erreur, de faire une lon- gue suite et extension de jettons, et comme la nécessité le contraint après d'abbreger et de relever ceux qui se trouvent inutilement estendus ; en quoy tu vois deux peines inutiles, avec la perte de deux temps. Cette machine facilite et retranche en ses opérations tout ce superflu ; le plus ignorant y trouve autant d'a- vantage que le plus expérimenté; l'instrument sup- plée au défaut de l'ignorance ou du peu d'habitude, et, par des mouvemens nécessaires, il fait luy seul, sans mesme l'intention de celuy qui s'en sert, tous les abbregez possibles à la nature, et à toutes les fois que les nombres s'y trouvent disposez. Tu sçais de mesme comme, en opérant par la plume, on est à tous momens obhgé de retenir ou d'emprunter les nombres nécessaires, et combien d'erreurs se glis-

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