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Page:Œuvres de Blaise Pascal, I.djvu/355

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LETTRE DÉDICATOIRE A MGR LE CHANCELIER 301

rejetter en suite commes impertinentes. D'ailleurs, Monseigneur, je m'attens bien que parmy tant de Doctes qui ont pénétré jusques dans les derniers secrets des Mathématiques, il pourra s'en treuver qui d'abord estimeront mon action téméraire, veu qu'en la jeunesse oii je suis, et avec si peu de force, j'ay osé tenter une route nouvelle dans un champ tout hérissé d'espines, et sans avoir de guide pour m'y frayer le chemin . Mais je veux bien qu'ils m'ac- cusent, et mesme qu'ils me condamnent, s'ils peu- vent justifier que je n'aye pas tenu exactement ce que j'avois promis; et je ne leur demande que la faveur d'examiner ce que j'ay fait, et non pas celle de l'approuver sans le connoistre. Aussy, Monsei- GNEUR, je puis dire à V. Grandeur que j'ay desjà la satisfaction de voir mon petit ouvrage, non seule- ment authorisé de l'approbation de quelques-uns des principaux en cette véritable science, qui, par une préférence toute particulière, a l'avantage de ne rien enseigner qu'elle ne demonstre, mais encore honoré de leur estime et de leur recommandation ; et que mesme celuy d'entre eux, de qui la pluspart des autres admirent tous les jours et recueillent les- productions, ne l'a pas jugée indigne de se donner la peine, au milieu de ses grandes occupations, d'en enseigner et la disposition et l'usage à ceux qui au- ront quelque désir de s'en servir. Ce sont là, vérita- blement, Monseigneur, de grandes recompenses du temps que j'ay employé, et de la despense que j'ay faite pour mettre la chose en Testât où je vous l'ay presen-

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