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Page:Œuvres de Blaise Pascal, I.djvu/271

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LETTRE DE MADEMOISELLE GILBERTE PASCAL A M. PASCAL, SON PERE.

Monsieur mon père,

Je me resjouis de ce que toutes les fois que j'ay le bien de vous escrire, je suis contrainte de vous dire tousjours la mesme chose, qui est le bon estât auquel est, grâces à Dieu, toute la maison qui n'a pour le présent d'autre envie que celle d'avoir l'honneur de vous veoir. En attendant quoy, nous n'avons point d'autre consolation que l'espé- rance d'avoir bien tost de vos nouvelles. Je vous conjure au nom de tous de nous en envoyer le plus souvent que vous pourrez. Cependant je vous diray que depuis mon mal d'oeil la première sortie que j'ay faite c'a esté chez madame la connestable^ où madame de Morangis me mena avant hier et me fit toutes les offres imaginables d'assistance, comme elle a accoutumé, me tesmoignant le ressentiment qu'elle avoit de l'accident de ma sœur. Elle me dit aussi que la reyne lui en avoit demandé des nouvelles et qu'elle avoit tesmoigné d'estre touchée de ce que ce malheur lui estoit arrivé. Je lui demanday s'il estoit vray ce que l'on m'avoit dit que la reyne estoit grosse. Elle me dit que non et que la reyne devoit arri- ver en cette ville cette semaine, et que la première fois

��I. Laurence de Glermont, qui avait épousé en juin 1601 Henri de Montmorency, connétable de France. Elle était surintendante de la maison de la reine, et mourut, en i654, âgée de 83 ans. Voir Mé- moires de Bassompierre, édités par le marquis de Ghanterac, t. II,. Paris, 1873, p. i4i et note 4.

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