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Page:Œuvres de Blaise Pascal, I.djvu/267

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VERS DE JACQUELINE PASCAL 219

Ainsi l'on voit qu'en vérité, Grand Dieu! votre bénignité S'est montrée en moi bien extrême, Me garantissant d'un péril Où sans votre bonté suprême Mes ans alloient finir dans leur plus bel avril.

Ohl que mon cœur se sent heureux, Quand au miroir je vois les creux Et les marques de ma vérole! Je les prends pour sacrez temoings, Suivant votre sainte parole, Que je ne suis de ceux que vous aimez le moins.

Je les prends, dis je, o souverain! Pour un cachet dont vostre main Voulut marquer mon innocence; Et cette consolation Me fait avoir la cognoissance Qu'il ne faut s'affliger de cette affliction.

Mais, grand Dieu! mon travail est vain; Il faut un esprit plus qu'humain Pour bien raconter vos merveilles, Et ce grand excez de bonté, Charmant les yeux et les oreilles, Excède mon pouvoir et non ma volonté.

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