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Page:Œuvres de Blaise Pascal, I.djvu/232

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484 OEUVRES

le corps L pèsera d'autant moins qu'il sera proche du centre H ; mais son poids ne diminuera pas en la pro- portion des lignes HI, HK, HA, ce que vous connois- trez assez en le considérant, sans que nous vous l'expli- quions davantage.

Puis donc que de ces trois causes possibles de la pesan- teur, nous ne savons quelle est la vraye, et que mesme nous ne sommes pas asseurez que ce soit l'une d'icelles, se pouvant faire* que ce soit une autre, de laquelle on tireroit des conclusions toutes différentes, il nous semble que nous ne pouvons pas poser d'autres principes en cette matière que ceux desquels nous sommes asseurez par une expérience continuelle assistée d'un bon jugement. Quant à nous, nous appelons des corps esgalement ou inesgalement pesants, ceux qui ont une esgale ou inesgale puissance de se porter vers le centre commun et un mesme corps* est dit avoir un mesme poids, quand il a toujours cette mesme puissance : que si cette puissance augmente ou diminue, alors, quoy que ce soit le mesme corps, nous ne le considérons plus comme le mesme poids. Or, que cela arrive aux corps qui s'esloi- gnent ou s'approchent du centre, c'est ce que nous dési- rerions bien de sçavoir ; mais, ne trouvant rien qui nous contente sur ce subjet, nous laissons cette question indécise et nous raisonnons seulement sur ce que les Anciens et nous en avons pu découvrir de vray iusques à maintenant.

Pour ^ la nouvelle proportion des angles que vous met-

��1 . Texte des Varia Opéra : « Que la vraie cause soit composée des deux autres » .

2. Dans la seconde partie de leur lettre, Roberval et Etienne Pascal critiquent l'usage illégitime que Fermât a fait des lois de l'équilibre du levier. Fermât se défendit sur ce point d'assez piteuse manièrfr

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