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Page:Œuvres de Blaise Pascal, I.djvu/168

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BIOGRAPHIES

C’est là que par un art divin
Dans une bouteille de vin
Nous estoufferons la memoire
De la science et de la gloire,
Et que nous rendrons triomphans
Et l’ignorance et les enfans.
Apres, si tu l’as agreable,
Nous verrons cette ame adorable,
Cet original de douceur,
J’entens ta belle et chere sœur,
Avec ses filles non pareilles
Que l’on met au rang des merveilles,
Pour leurs vertus, pour leurs beautez
Et pour mille autres qualitez ;
Et Dieu sçait combien de loüanges
Nous donnerons à ces deux Anges ;
Surtout quand pour nous resjouir
Il nous sera permis d’oüir
Le son de leurs voix ravissantes
Dedans ce beau lieu que tu vantes
Où, de l’or les brillans esclairs
Par leurs yeux deviendront plus clairs…[1]


La sœur de Dalibray, c’est Madame Saintot, à qui Étienne Pascal confiait Jacqueline pendant un voyage en Auvergne ; « ses filles non pareilles » composent une comédie avec Jacqueline ; c’est pour l’une d’elles sans doute qu’en 1638 ou 39

  1. Bibliothèque nationale, ms. f. f. 19 145, fo 67 sqq. — On trouve dans le même recueil d’autres épitres de Le Pailleur adressées à Conrart, à l’abbé Hedelin d’Aubignac, etc. Voici des vers de Montereul l’aîné, qui complètent le groupe des amis de Le Pailleur :
    Salue aussy de ma part
    Patru, Dablancourt et Conrart,
    Et le reste de la brigade.
    Mais sur tout le beau Benserade,
    Et le venerable Edelin.
    Je ne dy rien de Chapelain.