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Page:Œuvres de Blaise Pascal, I.djvu/152

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BIOGRAPHIES

choses qui avoient rapport à la pieté, et qui pouvoient l’esdifier.

Monsieur le curé de Saint Estienne[1], qui l’a veu dans sa maladie, admiroit aussi cette mesme simplicité, et il disoit à toute heure : « C’est un enfant, il est humble et soumis comme un enfant. » Et la veille de sa mort, un Ecclesiastique, qui estoit un homme de grande science et d’une tres grand vertu[2], l’estant venu voir[3], et ayant demeuré une heure avec luy, il en sortit si esdifié qu’il me

  1. « C’estoit, ajoute en note le texte imprimé, le P. Beurrier, depuis abbé de Sainte-Geneviève. » — C’est lui qui donna occasion, dans son entretien du 7 janvier 1665 avec M. de Peréfixe, archevêque de Paris, à la légende de la rétractation de Pascal sur le sujet du jansénisme. Voir le Recueil d’Utrecht, 1740, de la page 347 à la page 373 Nous aurons l’occasion de revenir sur les documents relatifs à cet incident. Nous ne mentionnerons ici qu’un passage d’une lettre de la mère Agnès à Madame de Foix, coadjutrice de Saintes, écrite le lendemain même de la mort de Pascal : « C’estoit un vray serviteur de Dieu, fort zelé pour la vérité, encore qu’il ne fut que laïque ; Dieu luy a fait des graces singulieres en sa mort, dont le curé, qui l’a assisté est dans l’admiration, encore qu’il ne soit pas janséniste, comme l’on appelle les gens de science. » (Lettres de la mère Agnès Arnauld, abbesse de Port-Royal, Paris, 1858, t. II, p. 67).
  2. Il s’agit de Claude de Sainte-Marthe, qui était alors caché « dans le Faux bourg S. Antoine proche Pincourt ». « L’Union de M. Paschal avec ces Messieurs, dit le recueil d’Utrecht, p. 326, parut sur tout dans sa dernière maladie, où il leur temoigna une confiance entiere et une sincere estime, continuant de les regarder comme les défenseurs de la vérité. Car M. Arnauld qui se tenoit alors fort caché, l’étant venu voir plusieurs fois incognito, aussi bien que M. Nicole, il les reçut toujours avec toutes sortes de marques de tendresse et d’affection. Il se confessa plusieurs fois à M. de Sainte-Marthe, même la veille de sa mort, n’ayant pas cru en ce tems où l’on a moins d’égards que jamais à toutes les considerations humaines, pouvoir choisir une personne qui pût lui être plus utile pour le bien de sa conscience. » Le Recueil d’Utrecht utilise ici une lettre de Madame Perier au curé de Saint-Étienne-du-Mont, écrite en 1665. (Faugère, Lettres, Opuscules, 1845, p. 89.)
  3. 1684 : « comme il l’avoit souhaittée. »