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Entre M. Billault et vous il n’y a donc qu’une différence. Tous deux vous cheminez dans la même voie, celle du Communisme. Seulement, vous n’y avez fait qu’un pas, et il en a fait deux. Sous ce rapport, l’avantage, à mes yeux du moins, est de votre côté. Mais vous le perdez du côté de la logique. Car, puisque vous marchez comme lui, le dos tourné à la Propriété, il est au moins fort plaisant que vous vous posiez comme son chevalier. C’est une inconséquence que M. Billault a su éviter. Mais, hélas ! c’est pour tomber, lui aussi, dans une triste logomachie ! M. Billault est trop éclairé pour ne pas sentir, au moins confusément, le danger de chacun de ses pas dans une voie qui aboutit au Communisme. Il ne se donne pas le ridicule de se poser en champion de la Propriété au moment où il la viole ; mais qu’imagine-t-il pour se justifier ? Il invoque l’axiome favori de quiconque veut concilier deux choses inconciliables : Il n’y a pas de principes. Propriété, Communisme, prenons un peu partout, selon la circonstance.


« À mon sens, le pendule de la civilisation, qui oscille de l’un à l’autre principe, selon les besoins du moment, mais qui s’en va toujours marinant un progrès de plus, après avoir fortement incliné vers la liberté absolue de l’individualisme, revient vers la nécessité de l’action gouvernementale. »


Il n’y a donc rien de vrai dans le monde, il n’y a pas de principes puisque le pendule doit osciller d’un principe à l’autre selon les besoins du moment. Ô métaphore, où nous conduirais-tu, si l’on te laissait faire[1] !

  1. Voy., au présent volume, page 94, le chap. xviii des Sophismes. Voy. aussi les p. 101 et 102.(Note de l’éditeur.)