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Page:Œuvres complètes de Frédéric Bastiat, Guillaumin, 4.djvu/473

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grande, moins à charge à un petit État, plus capable d’agir sur l’un et l’autre sexe.

Les Samnites descendaient des Lacédémoniens ; et, Platon, dont les institutions ne sont que la perfection des lois de Lycurgue, donna à peu près une pareille loi. (Esprit des Lois, livre VII, chap. xvi.)


Rousseau. Aucun homme n’a exercé sur la révolution française autant d’influence que Rousseau. « Ses ouvrages, dit L. Blanc, étaient sur la table du comité de salut public. » « Ses paradoxes, dit-il encore, que son siècle prit pour des hardiesses littéraires, devaient bientôt retentir dans les assemblées de la nation sous la forme de vérités dogmatiques et tranchantes comme l’épée. » Et, afin que le lien moral qui rattache Rousseau à l’antiquité ne soit pas méconnu, le même panégyriste ajoute : « Son style rappelait le langage pathétique et véhément d’un fils de Cornélie. »

Qui ne sait, d’ailleurs, que Rousseau était l’admirateur le plus passionné des idées et des mœurs qu’on est convenu d’attribuer aux Romains et aux Spartiates ? Il dit lui-même que la lecture de Plutarque l’a fait ce qu’il est.

Son premier écrit fut dirigé contre l’intelligence humaine. Aussi, dès les premières pages, il s’écrie :


Oublierai-je que ce fut dans le sein de la Grèce qu’on vit s’élever cette cité aussi célèbre par son heureuse ignorance que par la sagesse de ses lois ; cette république de demi-dieux plutôt que d’hommes, tant leurs vertus semblaient supérieures à l’humanité ? Ô Sparte ! opprobre éternel d’une vaine doctrine ! tandis que les vices conduits par les beaux-arts s’introduisaient dans Athènes, tandis qu’un tyran y rassemblait avec tant de soin les ouvrages du prince des poëtes, tu chassais de tes murs les arts et les artistes, les sciences et les savants ! (Discours sur le rétablissement des sciences et des arts.)


Dans son second ouvrage, le Discours sur l’inégalité des conditions, il s’emporta avec plus de véhémence encore contre toutes les bases de la société et de la civilisation. C’est pourquoi il se croyait l’interprète de la sagesse antique :