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Page:Œuvres complètes de Frédéric Bastiat, Guillaumin, 4.djvu/417

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travaux qu’il occasionne ; mais il jouit, sans les payer, des dons gratuits de la nature et des puissances que le producteur a mises en œuvre.

Voilà trois hommes qui ont mis à ma disposition de l’air, de l’eau et de la chaleur, sans se rien faire payer que leur peine.

Qu’est-ce donc qui a pu faire croire que l’agriculteur, qui se sert aussi de l’air, de l’eau et de la chaleur, me fait payer la prétendue valeur intrinsèque de ces agents naturels ? qu’il me porte en compte de l’utilité créée et de l’utilité non créée ? que, par exemple, le prix du blé vendu à 18 fr. se décompose ainsi :

12 fr. pour le travail actuel, propriété légitime ;
3 fr. pour le travail antérieur,
3 fr. pour l’air, la pluie, le soleil, la vie végétale, propriété illégitime ?

Pourquoi tous les économistes de l’école anglaise croient-ils que ce dernier élément s’est furtivement introduit dans la valeur du blé ?


Troisième lettre.


Les services s’échangent contre des services. Je suis obligé de me faire violence pour résister à la tentation de montrer ce qu’il y a de simplicité, de vérité et de fécondité dans cet axiome.

Que deviennent devant lui toutes ces subtilités : Valeur d’usage et valeur d’échange, produits matériels et produits immatériels, classes productives et classes improductives ? Industriels, avocats, médecins, fonctionnaires, banquiers, négociants, marins, militaires, artistes, ouvriers, tous tant que nous sommes, à l’exception des hommes de rapine, nous rendons et recevons des services. Or, ces services réciproques étant seuls commensurables entre eux, c’est en eux