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Page:Œuvres complètes de Frédéric Bastiat, Guillaumin, 4.djvu/237

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d’une obole. Il semble qu’il soit pourvu de ces valvules admirables qui, dans notre organisation, laissent le sang affluer dans une direction, mais l’empêchent de rétrograder. Soit. Le fisc est un peu vieux pour que nous puissions changer ses allures. N’espérons donc pas le décider à se dessaisir. Mais que dirait-il, si moi, Jacques Bonhomme, je lui indiquais un moyen simple, facile, commode, essentiellement pratique, de faire un grand bien au pays, sans qu’il lui en coûtât un centime !


La poste donne brut au Trésor… 50 mil.
Le sel… 70
La douane… 160
Total pour ces trois services… 280 mil.

Eh bien ! mettez la taxe des lettres au taux uniforme de 5 cent.

Abaissez la taxe du sel à 10 fr. le quintal, comme la Chambre l’a voté.

Donnez-moi la faculté de modifier le tarif des douanes, en ce sens qu’il me sera formellement interdit d’élever aucun droit, mais qu’il me sera loisible de les abaisser à mon gré.

Et moi, Jacques Bonhomme, je vous garantis, non pas 280, mais 300 millions. Deux cents banquiers de France seront mes cautions. Je ne demande pour ma prime que ce que ces trois impôts produiront en sus des 300 millions.

Maintenant ai-je besoin d’énumérer les avantages de ma proposition ?

1° Le peuple recueillera tout le bénéfice du bon marché dans le prix d’un objet de première nécessité, le sel.

2° Les pères pourront écrire à leurs fils, les mères à leurs filles. Les affections, les sentiments, les épanchements de l’amour et de l’amitié ne seront pas, comme aujourd’hui, refoulés par la main du fisc au fond des cœurs.