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OUVRAGES
ATTRIBUÉS A PASCAL[1].




AVIS


De MM. les curés de Paris à MM. les curés des autres diocèses de France, sur le sujet des mauvaises maximes de quelques nouveaux casuistes.


Messieurs,

Si tous les vrais chrétiens sont unis ensemble par un même esprit et un même cœur, et sont obligés, par les devoirs de la charité divine, de prendre part aux intérêts spirituels les uns des autres dans les occasions que Dieu leur en présente, tous les pasteurs de l’Église catholique le sont encore davantage ; et leur charité devant être plus grande que celle des particuliers, puisqu’elle en est l’exemple et le modèle, elle les lie aussi plus étroitement ensemble, et les engage beaucoup plus à s’aider mutuellement pour le bien des âmes que Dieu a commises à leur conduite. C’est ce qui nous a portés à écouter favorablement ce qui nous a été représenté de la part de nos vénérables confrères MM. les curés de Rouen, dans nos dernières assemblées : savoir, que M. le curé de Saint-Maclou, l’un des plus considérables d’entre eux, s’étant cru obligé de parler dans un sermon synodal, en présence de Mgr l’archevêque de Rouen, de plus de huit cents curés, et de plusieurs autres personnes de condition, contre les mauvaises maximes de quelques casuistes, qui troublent l’ordre de la hiérarchie, et corrompent la morale chrétienne ; et ayant depuis déclaré, dans un autre sermon fait en sa paroisse, quen prêchant contre ces pernicieuses maximes, il ne les attribuoit à aucun ordre, ni à aucun corps, mais les combattoit seulement en elles-mêmes : les jésuites de la ville de Rouen n’ont pas laissé de se tenir tellement offensés du décri de cette doctrine, qu’ils ont présenté à M. l’archevêque de Rouen, au nom de frère Jean Brisacier, recteur de leur collége en ladite ville, une requête remplie d’injures et de calomnies contre la personne dudit sieur curé de Saint-Maclou, afin que, l’ayant ruiné d’honneur et de crédit, il ne se trouvât plus personne qui osât entreprendre de décrier publiquement ce que ces auteurs scandaleux osent soutenir et écrire publiquement ; que ce traitement si injurieux qu’on faisoit à leur confrère, les avoit obligés de s’assembler pour examiner les points touchant les mœurs qui avoient donné lieu à ce différend ; que pour cela ils avoient lu les livres desquels ils ont été tirés, et qu’en ayant fait des extraits fidèles,

  1. On croit que Nicole et Arnauid ont fourni les matériaux des écrits que nous réunissons sous ce titre, et que Pascal le mettait en ordre.