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Page:Œuvres complètes de Blaise Pascal Hachette 1871, vol1.djvu/437

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de Dieu, Et ainsi il ajoute : In digito Dei, etc., regnum Dei ad vos, etc.

63. — Omnis Juaæa regio, et Jerosolomytæ universi, et baptizabantur[1]. A cause de toutes les conditions d’hommes qui y venoient. Des pierres peuvent être enfans d’Abraham[2].

Si on seconnoissoit, Dieu guériroit et pardonneroit.

Ne convertantur, et sanem eos, et dimittantur eis peccata[3].

Jésus-Christ n’a jamais condamné sans ouïr. A Judas : Amice, ad quid venisti ? A celui qui n’avoit pas la robe nuptiale, de même.

64. — Concupiscence de la chair, concupiscence des yeux, orgueil, etc. Il y a trois ordres de choses : la chair, l’esprit, la volonté, Les charnels sont les riches, les rois. Ils ont pour objet le corps. Les curieux et savans : ils ont pour objet l’esprit. Les sages : ils ont pour objet la justice. Dieu doit régner sur tout, et tout se rapporter à lui. Dans les choses de la chair règne proprement la concupiscence ; dans les spirituelles, la curiosité proprement ; dans la sagesse, l’orgueil proprement. Ce n’est pas qu’on ne puisse être glorieux pour les biens ou pour les connoissances, mais ce n’est pas le lieu de l’orgueil ; car en accordant à un homme qu’il est savant, on ne laissera pas de le convaincre qu’il a tort d’être superbe. Le lieu propre à la superbe est la sagesse : car on ne peut accorder à un homme qu’il s’est rendu sage, et qu’il a tort d’être glorieux ; car cela est de justice. Aussi Dieu seul donne la sagesse : et c’est pourquoi : Qui gloriatur in Domino glorietur[4].

65. — Soumission, et usage de la raison ; en quoi consiste le vrai christianisme.

66. — Impiété, de ne pas croire l’eucharistie, sur ce qu’on ne la voit pas.

67. — C’est une chose si visible, qu’il faut aimer un seul Dieu, qu’il ne faut point de miracle pour le prouver.

Bel état de l’Église, quand elle n’est plus soutenue que de Dieu !

68. — Cette religion si grande en miracles (saints Pères irréprochables ; savans et grands ; témoins, martyrs, rois ; David, établi, Isaïe, prince du sang), si grande en science, après avoir étalé tous ses miracles et toute sa sagesse, elle réprouve tout cela, et dit qu’elle n’a ni sagesse ni signes, mais la croix et la folie. Car ceux qui par ces signes et cette sagesse ont mérité votre créance, et qui vous ont prouvé leur caractère, vous déclarent que rien de tout cela ne peut nous changer, et nous rendre capables de connoître et aimer Dieu, que la vertu de la folie de la croix, sans sagesse ni signes ; et point ces signes sans cette vertu. Ainsi notre religion est folle, en regardant à la cause effective, et sage en regardant à la sagesse qui y prépare.

69. — Que l’Écriture a deux sens, que Jésus-Christ et les apôtres ont donnés, dont voici les preuves : 1° Preuve par l’Écriture même ; 2° preuves par les rabbins ; Moïse Maymonide dit qu’elle a deux faces, et que

  1. Marc, i
  2. Matth., iii.
  3. 3 Marc, iv, 12 ; Is., vi, 10.
  4. I Cor., i, 31, d’après Jér., ix, 24.