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Page:Œuvres complètes de Blaise Pascal Hachette 1871, vol1.djvu/431

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depuis que j’ai formé les premiers peuples, et qu’il annonce les choses qui doivent arriver. Ne craignez rien ; ne vous ai-je pas fait entendre toutes ces choses ? Vous êtes mes témoins. » — Prédiction de Cyrus[1]. « A cause de Jacob que j’ai élu, je t’ai appelé parton nom. » — 21 : « Venez et disputons ensemble : qui a fait entendre les choses depuis le commencement ? qui a prédit les choses dès lors ? N’est-ce pas moi, qui suis le Seigneur ? » — xlvi : « Ressouvenez-vous des premiers siècles, et connoissez qu’il n’y a rien de semblable à moi, qui annonce dès le commencement les choses qui doivent arriver à la fin, et disant dès l’origine du monde : Mes décrets subsisteront, et toutes mes volontés seront accomplies. » — xlii, 9 : « Les premières choses sont arrivées comme elles avoient été prédites ; et voici maintenant, j’en prédis de nouvelles et vous les annonce avant qu’elles soient arrivées. » — xliii, 3 : « J’ai fait prédire les premières, et je les ai accomplies ensuite ; et elles sont arrivées en la manière que j’avois dit ; parce que je sais que vous êtes dur, que votre esprit est rebelle et votre front impudent ; et c’est pourquoi je les ai voulu annoncer avant l’événement, afin que vous ne puissiez pas dire que ce fût l’ouvrage de vos dieux et l’effet de leur ordre. Vous voyez arrivé ce qui a été prédit ; ne le raconterez-vous pas ? Maintenant je vous annonce des choses nouvelles, que je conserve en ma puissance, et que vous n’avez pas encore sues ; ce n’est que maintenant que je les prépare, et non pas depuis longtemps : je vous les ai tenues cachées de peur que vous ne vous vantassiez de les avoir prévues par vous-mêmes. Car vous n’en avez aucune connoissance, et personne ne vous en a parlé, et vos oreilles n’en ont rien ouï ; car je vous connois, et comme je sais que vous êtes plein de prévarication, je vous ai donné le nom de prévaricateur dès les premiers temps de votre origine. »

Réprobation des juifs et conversion des gentils. — Is., lxv : « Ceux là m’ont cherché qui ne me consultoient point ; ceux-là m’ont trouvé qui ne me cherchoient point ; j’ai dit : Me voici, au peuple qui n’invoquoit pas mon nom. J’ai étendu mes mains tout le jour au peuple incrédule qui suit ses désirs et qui marche dans une mauvaise voie, ce peuple qui me provoque sans cesse par les crimes qu’il commet en ma présence, qui s’est emporté à sacrifier aux idoles, etc. Ceux-là seront dissipés en fumée au jour de ma fureur, etc. J’assemblerai les iniquités de vous et de vos pères, et vous rendrai à tous selon vos œuvres. Le Seigneur dit ainsi : Pour l’amour de mes serviteurs, je ne perdrai tout Israël, mais j’en réserverai quelques-uns, de même qu’on réserve un grain resté dans une grappe, duquel on dit : Ne l’arrachez pas, parce que c’est bénédiction. Ainsi j’en prendrai de Jacob et de Juda pour posséder mes montagnes, que mes élus et mes serviteurs avoient en héritage, et mes campagnes fertiles et admirablement abondantes ; mais j’exterminerai tous les autres, parce que vous avez oublié votre Dieu pour servir des dieux étrangers. Je vous ai appelés et vous n’avez pas répondu ; j’ai parlé et vous m’avez pas ouï, et vous avez choisi choses que j’avois défendues. C’est

  1. Is, xlv, 4.