Ouvrir le menu principal

Page:Œuvres complètes de Blaise Pascal Hachette 1871, vol1.djvu/429

Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


Égypte, sans aucune possession en propre, ni en ce pays-là ni ailleurs, lorsque Jacob mourant et bénissant ses enfans leur déclare qu’ils seront possesseurs d’une grande terre, et prédit particulièrement à la famille de Juda que les rois qui les gouverneroient un jour seroient de sa race, et que tous ses frères seroient ses sujets.

Ce même Jacob, disposant de cette terre future comme s’il en eût été maître, en donna une portion à Joseph plus qu’aux autres : « Je vous donne, dit-il, une part plus qu’à vos frères. » Et bénissant ses deux enfans, Éphraïm et Manassé, que Joseph lui avoit présentés, l’aîné, Manassé, à sa droite, et le jeune Éphraïm à sa gauche, il met ses bras en croix, et posant sa main droite sur la tête d’Éphraïm, et la gauche sur Manassé, il les bénit en sorte. Et sur ce que Joseph lui représente qu’il préfère le jeune, il lui répond avec une fermeté admirable : « Je le sais bien, mon fils, je le sais bien ; mais Éphraïm croîtra tout autrement que Manassé. » Ce qui a été en effet si véritable dans la suite, qu’étant seul presque aussi abondant que dix lignées entières qui composoient tout un royaume, elles ont été ordinairement appelées du seul nom d’Éphraïm.

Ce même Joseph, en mourant, recommande à ses enfans d’emporter ses os avec eux quand ils iront en cette terre, où ils ne furent que deux cents ans après.

Moïse, qui a écrit toutes ces choses si longtemps avant qu’elles fussent arrivées, a fait lui-même à chaque famille les partages de cette terre avant que d’y entrer, comme s’il en eût été maître. Il leur donne les arbitres qui en feront le partage, il leur prescrit toute la forme du gouvernement politique qu’ils y observeront, les villes de refuge qu’ils y bâtiront, et….

52. — Captivité des juifs sans retour. Jér., xi, 11 : « Je ferai venir sur Juda des maux desquels ils ne pourront être délivrés. »

Figures. Is., v, 1-7 : « Le Seigneur a eu une vigne dont il a attendu des raisins, et elle n’a produit que du verjus. Je la dissiperai donc et la détruirai ; la terre n’en produira que des épines, et je défendrai au ciel d’y. La vigne du Seigneur est la maison d’Israël, et les hommes de Juda en sont le germe délectable. J’ai attendu qu’ils fissent des actions de justice, et ils ne produisent qu’iniquité. »

Is., viii : « Sanctifiez le Seigneur avec crainte et tremblement ; ne redoutez que lui, et il vous sera en satisfaction ; mais il sera en pierre de scandale et en pierre d’achoppement aux deux maisons d’Israël. Il sera en piège et en ruine aux peuples de Jérusalem ; et un grand nombre d’entre eux heurteront cette pierre, y tomberont, y seront brisés, et seront pris à ce piége, et y périront. Voilez mes paroles, et couvrez ma loi pour mes disciples. J’attendrai donc en patience le Seigneur qui s voile et se cache à la maison de Jacob. »

Is., xxix : « Soyez confus et surpris, peuple d’Israël ; chancelez, trébuchez et soyez ivres, mais non pas d’une ivresse de vin ; trébuchez mais non pas d’ivresse, car Dieu vous a préparé l’esprit d’assoupissement ; il vous voilera les yeux, il obscurcira vos princes, et vos prophètes qui ont les visions. (Daniel, xii, 11 : « Les méchans ne l’entendront point, mais ceux qui seront bien instruits l’entendront. » Osée, dernier