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Page:Œuvres complètes de Blaise Pascal Hachette 1871, vol1.djvu/360

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Jérém., xxiii, 5 ; Is., xliii, 16 ; qui mettrait sa loi, non dans l’extérieur, mais dans les cœurs ; que Jésus-Christ mettroit sa crainte, qu n’avoit été qu’au dehors, dans le milieu du cœur. Qui ne voit la lo chrétienne en tout cela ?

Prophéties. — ... Que les juifs réprouveraient Jésus-Christ, et qu’ils seraient réprouvés de Dieu, par cette raison que la vigne élue ne donneroit que du verjus. Que le peuple choisi seroit infidèle, ingrat et incrédule, populum non credentem et contradicentem[1]. Que Dieu les frapperoit d’aveuglement, et qu’ils tâtonneraient en plein midi comme les aveugles, Deut., xxviii, 28.

... Que Jésus-Christ seroit petit en son commencement, et croîtroit ensuite. La petite pierre de Daniel.

... Qu’alors l’idolâtrie seroit renversée ; que ce Messie abattroit toutes les idoles, et ferait entrer les hommes dans le culte du vrai Dieu.

Que les temples des idoles seroient abattus, et que parmi toutes les nations et en tous les lieux du monde, on lui offrirait une hostie pure pas des animaux.

... Qu’il enseignerait aux hommes la voie parfaite.

Et jamais il n’est venu, ni devant, ni après, aucun homme qui ait enseigné rien de divin approchant cela.

... Qu’il seroit roi des juifs et des gentils. Et voilà ce roi des juifs et des gentils, opprimé par les uns et les autres qui conspirent à sa mort dominant des uns et des autres, et détruisant, et le culte de Moïse dans Jérusalem, qui en étoit le centre, dont il fait sa première Église, et le culte des idoles dans Rome, qui en étoit le centre, et dont il fait sa principale Église.

... Alors Jésus-Christ vient dire aux hommes qu’ils n’ont point d’autres ennemis qu’eux-mêmes ; que ce sont leurs passions qui les séparent de Dieu ; qu’il vient pour les détruire, et pour leur donner sa grâce, afin de faire d’eux tous une Église sainte ; qu’il vient ramenei dans cette Église les païens et les juifs ; qu’il vient détruire les idoles des uns, et la superstition des autres.

A cela s’opposent tous les hommes, non-seulement par l’opposition naturelle de la concupiscence ; mais, par-dessus tous, les rois de la terre s’unissent pour abolir cette religion naissante, comme cela avoit été prédit (Quare fremuerunt gentes[2]. Reges terræ adversus Christum). Tout ce qu’il y a de grand sur la terre s’unit, les savans, les sages, les rois.

Les uns écrivent, les autres condamnent, les autres tuent. Et, nonobstant toutes ces oppositions, ces gens simples et sans force résistent à toutes ces puissances, et se soumettent même ces rois, ces savans, ces sages, et ôtent l’idolâtrie de toute la terre. Et tout cela se fait par la force qui l’avoit prédit.

... Les juifs, en le tuant pour ne le pas recevoir pour Messie, lui ont donné la dernière marque de Messie. Et en continuant à le méconnoître,

  1. Isaïe, lxv, 2.
  2. Ps. II, 1.