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Notre Rhin[1].


Le Rhin que vous chantez dans vos vers fratricides,
Ce Rhin, fantôme impur, vieille divinité,

Qui n’a jamais lavé son lit ensanglanté,
Le Rhin des conquérants et des vautours avides, —
Qu’il soit à vous, qu’il soit à vous !

Notre Rhin, libre enfant, frère jumeau du Rhône,
Sur l’Alpe, en son berceau, n’a que des rêves d’or ;
Il est fier, il est libre, il est jeune, il est fort ;
Le sang n’a pas souillé les fleurs de sa couronne ; —
Il reste à nous, toujours à nous !

  1. Extrait des Poésies. Écrit en 1869. après une soirée où l’on avait lu le Rhin allemand de Becker, commençant par ces mots : Ils ne l’auront pas le Rhin allemand, et la réponse d’Alfred de Musset, qui débute par ce vers : Nous l’avons eu, votre Rhin allemand.