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Notices sur M. le comte Chaptal, et discours prononcés sur sa tombe, le 1er août 1832/de Gérando

NOTICE

Par M. le baron DE GÉRANDO[1].


Messieurs,

Il est donc vacant ce fauteuil qui fut si dignement occupé pendant trente ans ! Notre Société est veuve du président qu’elle s’était constamment choisi, de l’illustre chef qu’elle s’applaudissait et s’honorait de voir à sa tête ! Quel plus grand vide pouvait se faire sentir dans cette enceinte !

Notre premier besoin, en nous réunissant aujourd’hui, est de donner cours à notre douleur, d’acquitter envers Chaptal la dette de nos regrets et le tribut de notre reconnaissance. Le deuil de la patrie, le deuil de la science, est pour nous, Messieurs, un deuil de famille.

Chaptal passa la moitié de sa vie au milieu de nous ; il nous appartenait par sa vie entière, par cette vie toute consacrée aux arts utiles dont vous encouragez les progrès. Recueillir et consacrer la mémoire de ce qu’il fit pour eux sera, de votre part, lui élever une sorte de monument digne à la fois de lui et de vous. Les services qu’il leur rendit pendant plus d’un demi-siècle s’unirent à d’autres services envers l’humanité, envers la patrie, et en reçurent un nouveau prix comme un nouvel éclat : savant, professeur, écrivain, administrateur, homme public, il fit profiter l’industrie de tous ses travaux, il la rendit tributaire des divers intérêts de la société et des lumières. Il était au milieu de nous comme le représentant de l’industrie française, fonction éminente à une époque où l’industrie est venue occuper une place si importante sur la scène du monde, fonction dont il avait compris toute l’élévation et l’étendue. Il a exprimé, en quelque sorte, dans sa personne et dans sa vie, ce grand phénomène de l’histoire contemporaine, de l’influence que l’industrie a acquise de nos jours sur toutes les branches de l’organisation sociale ; il lui dut en grande partie le rang, les honneurs, le pouvoir, et ce qui est plus, la gloire qu’il obtint : il s’acquitta, dignement envers elle.

La carrière de Chaptal commence précisément par cette alliance entre les deux ordres de travaux qui ont pour objet les théories scientifiques et les applications des arts industriels, alliance si utile à tous deux, et aussi, dès ses premiers pas, les cultiva-t-il également tous les deux. Né, en 1756, dans la Lozère, Chaptal sentit sa vocation déterminée par la lecture de quelques livres de médecine et d’histoire naturelle, qu’il trouva dans la maison de son père. Il fit ses premières études à Mende sous les doctrinaires, où il eut pour professeur de rhétorique M. Dumouchel, que nous avons vu depuis à la tête de l’Académie de Paris. Le pressentiment de sa destiné le conduisit à la célèbre École de Montpellier, et là elle se révéla plus fortement encore. Il s’y livra spécialement à l’histoire naturelle et à la chimie : il trouva à Montpellier un oncle médecin renommé par ses succès dans l’art de guérir, qui devint son guide, et qui lui légua par la suite une fortune considérable. La thèse qu’il soutint en prenant le doctorat, sous le titre de Conspectus physiologicus de fontibus differentiarum relative ad scientias, en 1777, obtint un tel succès qu’elle a eu trois éditions, honneur dont les thèses jouissent bien rarement.

À Paris, où il vint ensuite se perfectionner à la fois dans tous les genres de connaissances, il suivit les cours de Sage, qui compta pour disciples à la Monnaie plusieurs des promoteurs de la grande révolution chimique, qui était digne d’y coopérer par son zèle pour les investigations, mais qui n’en a pas moins repoussé avec une obstination singulière les nouvelles nomenclatures.

Chaptal, tout en se dirigeant vers une spécialité déterminée, vrai moyen d’atteindre à des succès réels, fut bien éloigné de se renfermer cependant avec ces idées étroites et ces habitudes exclusives qui arrêtent les sciences et faussent souvent les idées : il goûtait les lettres, recherchait le commerce de nos écrivains les plus distingués, et en ornant son esprit apprenait à étendre ses vues, à exprimer les notions de la science dans un langage digne d’elle.

Aussi, lorsqu’en l’année 1781 il fut appelé, quoique si jeune encore, à occuper la chaire de chimie que les États de Languedoc venaient d’instituer à Montpellier, et qui lui fut proposée par M. de Joubert, trésorier général des États, qui suivait avec lui les cours de Sage, Chaptal débuta dans la carrière de l’enseignement avec une facilité qui charma ses auditeurs, et surpassa l’attente publique. En exposant une science neuve, il sut la populariser, la rendre féconde ; il appuya son enseignement de l’autorité de ses exemples.

Fabricant lui-même et commerçant, il passait de la théorie à la pratique et de la pratique à la théorie ; il quittait ses ateliers pour monter en chaire, descendait de la chaire pour retourner dans ses ateliers, ses magasins, son comptoir. Héritier d’une grande fortune, il en avait compris le véritable prix ; il s’était hâté de l’employer à des entreprises utiles : il fonda une fabrication de produits chimiques à l’aide des procédés dus aux perfectionnemens réunis de la science, et lui donna une rapide extension. Il dota la France de produits que jusqu’alors elle empruntait du dehors. Dans les élablissemens qu’il avait créés s’offrait aux regards ce nouveau caractère des manufactures chimiques qui les a transformées en une sorte de vaste laboratoire, où s’exécutent en grand les opérations tracées par la science, pour y recevoir tout ensemble une confirmation nouvelle et une féconde application. C’est là que Chaptal apprit si bien, ce que personne n’a jamais mieux su que lui et n’a jamais mieux enseigné, toutes les conditions dont la science s’environne pour passer dans la pratique des arts, toutes les lumières qu’elle peut recueillir en retour sur ce théâtre d’une expérience positive. C’est là sans doute aussi qu’il contracta de bonne heure ce respect pour l’autorité des faits, cette estime pour les réalités, ce besoin des applications utiles, que nous avons toujours remarqués en lui, qui l’ont si merveilleusement aidé dans tous les services qu’il a rendus à son pays. Esprit éminemment positif et pratique, s’il ne demeura pas étranger aux généralités les plus relevées, il ne se laissa jamais entraîner par le vague des abstractions spéculatives.

Déjà dès cette époque, Chaptal préludait aussi à l’étude des rapports qui unissent les intérêts de l’industrie à ceux de l’administration publique, étude qui était encore dans son enfance parmi nous. Les États du Languedoc s’éclairaient de ses avis dans les améliorations qu’ils méditaient pour l’agriculture, les manufactures, le commerce. On sait que l’administration des États du Languedoc était justement estimée. Chaptal eut l’occasion de l’apprécier ; et ces souvenirs ne lui furent point inutiles, lorsqu’un jour lui-même fut appelé par la suite à remplir de hautes fonctions administratives sur un plus vaste théâtre.

Dès 1783, Chaptal publia le Tableau analytique du cours qu’il faisait à Montpellier[2]. Bientôt après, en 1790, il donna les Élémens de Chimie, dont la quatrième édition a paru en 1803. Son enseignement s’y trouvait de nouveau résumé et enrichi par les résultats de son expérience ; il avait pris rang parmi les rénovateur de cette science. Le premier, il exposa au public l’ensemble du nouveau système des connaissances chimiques, d’après la révolution qu’elles venaient de subir, et la nomenclature qui en était l’expression. Cet ouvrage, tracé avec méthode, écrit avec clarté, précision, possédait le mérite littéraire qui convient à l’exposition de la science, en la faisant tout ensemble goûter et comprendre. Il s’en est répandu, à ce qu’on assure, plus de seize mille exemplaires. C’est ainsi que Chaptal se préparait, sans le savoir, à la destinée qui l’attendait et qu’il ne pouvait prévoir encore.

Quoique cette première portion de sa carrière se fût écoulée dans une ville de province, le succès de ses travaux avait déjà attiré sur lui l’estime de la France, il avait porté son nom bien au delà même de nos frontières ; l’étranger nous envia un savant dont les connaissances produisaient des trésors. L’Espagne, les États-Unis, Naples l’appelèrent tour à tour. L’Espagne et Naples lui offraient de brillans avantages ; les États-Unis lui adressaient une invitation séduisante, car c’était l’illustre Washington lui-même, qui, par des invitations pressantes et réitérées, conviait Chaptal ; mais le patriotisme de Chaptal se refusa à un émigration qui eut été une sorte de désertion, et qui eût dérobé à son pays ses talens et ses services. Alors, d’ailleurs, venait d’éclore la révolution de 1789, dont Chaptal, comme toutes les âmes généreuses et tous les esprits élevés, adopta les principes, partagea les espérances.

Bientôt s’ouvrit pour le professeur de Montpellier une carrière nouvelle sur un nouveau théâtre. La patrie réclama ses services ; la science devint, au milieu des dangers publics, l’auxiliaire de nos armées ; Chaptal, appelé dans la capitale par le comité de salut public, fut chargé de diriger les ateliers de Grenelle, pour la fabrication du salpêtre et de la poudre. Le salpêtre, qui, autrefois, était apporté de l’Inde par le commerce, mais qui ne pouvait plus nous arriver par cette dernière voie, fut fabriqué, en proportion des besoins, par les procédés les plus rapides ; il réussit à en livrer jusqu’à trente-cinq milliers par jour. Chaptal, peu après, dans un traité spécial, donna la théorie de cette fabrication. Il était associé, dans ces opérations de services publics, aux Berthollet, aux Monge, aux Guyton-Morveau, aux d’Arcet, aux Fourcroy, à tous ces illustres savans, qui, au milieu des commotions politiques, donnaient alors à la France de plus solides conquêtes et une gloire plus pure que celles qui sont acquises par les armes ; il s’associait à eux par les liens de l’affection comme par la communauté des travaux.

Avec eux aussi, avec l’élite de nos savans, il fut appelé, dès l’origine, à créer l’enseignement supérieur de l’École polytechnique où se trouvaient réunis plus de trois cents jeunes gens choisis dans toute la France, parmi lesquels on comptait soixante ingénieurs des ponts et chaussées. Il fut chargé de la chimie végétale. Plusieurs d’entre nous, Messieurs, s’honorent d’avoir suivi ses leçons. Sans avoir la brillante facilité, la fécondité élégante de Fourcroy, il captivait surtout ses auditeurs par la netteté et la précision de son langage ; il les intéressait par la multitude et la variété des applications que la chimie reçoit dans les arts utiles. Des rangs de ces élèves sont sortis des maîtres dont la France s’honore aujourd’hui.

Les fruits de son enseignement se répandirent par des canaux divers sur les services publics et aussi sur les ateliers et les établissemens privés.

Cet enseignement fut de trop courte durée ; Chaptal fut enlevé à l’École polytechnique par l’École de médecine de Montpellier, dont la réorganisation lui fut confiée. Il y occupa la chaire de chimie, et siégea dans l’administration du département de l’Hérault.

L’Institut de France, à sa formation, le compta parmi ses associés. Bientôt après, le 5 prairial an VI, il fut nommé membre ordinaire, en remplacement de M. Bayen, pour la section de chimie, dans la classe des sciences physiques et mathématiques, aujourd’hui l’Académie des sciences. Il prit dès lors une part active aux travaux de cette illustre compagnie ; il y lut des mémoires sur un grand nombre de sujets, parmi lesquels nous nous bornerons à indiquer ici la fabrication de l’acétate de cuivre ou verdet cristallisé, la culture d’une espèce de soude appelée barille ; sur la teinture du coton, l’usage des oxides de fer, le mordant pour la couleur rouge ; sur la couleur jaune des végétaux ; l’analyse de l’alun, d’après laquelle il est prouvé que le sulfate de potasse est l’un de ses principes constituans ; des vues générales sur la formation du salpêtre ; des observations sur le savon de laine et ses usages dans les arts ; la fabrication de l’acétate de cuivre ; des considérations sur l’effet des mordans dans la teinture en rouge du coton ; des considérations sur l’usage des oxides de fer dans la teinture du coton ; des observations sur les moyens de cultiver la barille en France.

Ce fut alors que, témoin de cette rapide transformation qu’éprouvaient les arts chimiques, il entreprit de décrire des progrès auxquels il avait si puissamment contribué par ses exemples et par ses leçons, et de signaler à l’industrie française toute l’étendue de la carrière qu’ils ouvraient désormais devant elle. Il donna un Traité des salpêtres et goudrons[3], un Tableau des principaux sels terreux et substances terreuses[4] ; il publia en l’an VIII son Essai sur le perfectionnement des arts chimiques en France, et presqu’en même temps, descendant lui-même aux applications les plus variées et les plus immédiates, il décrivit les procédés du blanchiment à la vapeur[5] ; il donna des règles à l’art de faire les vins ; il éclaira la fabrication des eaux de vie, esprits de vin et vinaigres, et remontant même jusqu’à la culture de la vigne, recueillit les observations des agronomes, les mit en ordre. C’était pour fournir un article au Dictionnaire de Rozier, que fut conçu d’abord en 1799 cet ouvrage tout neuf sur un sujet si ancien, mais la matière se développa entre ses mains. Le premier il signala comme une grande opération chimique les doubles procédés de la nature et de l’art dans la fabrication du vin. L’auteur ne néglige aucun détail ; il observe le raisin jusqu’à sa maturité ; il assiste à la vendange ; il observe la fermentation, il la gouverne, il en recueille les produits ; il suit le vin dans les tonneaux, il le conserve, il en étudie les vertus, il en recherche les principes ; il distille, il s’occupe de l’acétification ; ce travail, plusieurs fois reproduit, devait être classique, et l’est devenu en effet[6] ; il a opéré une révolution dans l’un de ces arts qui font la richesse de la France.

Le grand homme que la France salua du nom de libérateur au premiers jours du siècle présent était loin de partager les étroites et fausses idées de ceux qui voudraient établir une barrière de séparation entre l’administration et les connaissances humaines : il avait bien compris, au contraire, tout ce que les lumières de la science peuvent porter de secours à l’art de l’administration comme aux autres, se plaisant alors lui-même à s’entourer des hommes de génie dans ses relations familières et dans une sorte de communauté de gloire, leur empruntant tout ce qu’il croyait pouvoir contribuer à la prospérité générale ; il avait distribué nos premiers savans dans les divers conseils publics. Chaptal comme Fourcroy furent retenus auprès de lui dans le conseil d’état qui venait d’être institué, et où se préparaient tous les travaux de la législation comme ceux de l’administration publique.

Lorsque Lucien Bonaparte, en l’an IX, eut encouru la disgrâce du premier consul pour avoir prématurément provoqué l’établissement de la nouvelle monarchie héréditaire, Chaptal fut désigné pour le remplacer, d’abord par intérim, ensuite définitivement, dans le ministère de l’intérieur, que l’illustre Laplace avait déjà occupé aux premiers jours du consulat. Nous l’y vîmes arriver et siéger, modeste et simple comme dans la vie privée, concevant l’administration publique, ainsi qu’elle doit être conçue, comme un grand instrument appliqué à l’utilité générale. Gardons-nous ici, Messieurs, des exagérations que Chaptal repoussait lui-même : il suffit, pour honorer la mémoire des hommes d’une haute distinction, de leur rapporter ce qui leur appartient véritablement. N’oublions donc point que l’estimable Benezech avait légué à ses successeurs des traditions honorables, de bons principes d’administration, des collaborateurs intègres et habiles. Chaptal recueillit ces héritages : il avait à ses côtés Fourcroy, Crétet, Rœderer, Français de Nantes, etc., etc., investis d’attributions spéciales et presqu’indépendantes ; il était entouré, dans divers conseils de services publics, des hommes les plus expérimentés et les plus capables ; il fut donc aidé, secondé de la manière la plus puissante ; mais il possédait en lumières, en droiture, en intentions tout ce qu’il fallait pour tirer avantage de cette assistance dans la grande œuvre qui lui avait été confiée. Il ne s’agissait rien moins que de réorganiser et de régulariser tous les services publics sur des bases nouvelles, et dans un plan qui pût concilier les besoins immuables de l’ordre public avec les perfectionnemens obtenus ou signalés, avec les maximes nées du progrès des lumières, avec les conditions des institutions récentes ; le ministère de l’intérieur était spécialement appelé à raviver toutes les sources de la prospérité publique. Chaptal y travailla assidument pendant près de quatre années, sous la direction de l’homme extraordinaire dans lequel il admirait le régénérateur de son pays.

En donnant le mouvement aux divers ressorts de l’administration dans les formes qui venaient d’être instituées, le ministre du gouvernement consulaire s’appliqua à y introduire cette harmonie, cette unité, qui procurent l’économie par la simplicité des moyens, assurent l’ordre par la régularité, rendent l’action rapide et forte, et concilient l’intérêt privé des localités avec les intérêts généraux de l’État, caractères distinctifs de l’administration française, telle qu’elle fut organisée à cette époque et qu’elle subsiste encore aujourd’hui. Il donna des directions aux conseils généraux de département, qui débutaient dans leurs fonctions[7] ; il s’attacha avec un soin particulier à relever les établissemens d’humanité, que les malheurs des temps avaient réduits à la plus extrême détresse ; il pourvut à la liquidation des dettes qui accablaient les hospices ; il leur constitua un nouveau patrimoine, en leur assignant une part dans le produit des octrois, en établissant des quêtes à leur profit, en provoquant la loi du 4 ventose an IX et la cession de rentes et de domaines ; il leur procura le remboursement de leurs créances sur l’État ; il en régla l’administration, la comptabilité : des commissions gratuites furent instituées pour les régir. À Paris, le funeste régime de l’entreprise fit place au régime paternel ; le Conseil général des hospices fut créé, et porta d’immenses et rapides améliorations dans tous les établissemens hospitaliers de la capitale. Chaptal rappela dans les hôpitaux les sœurs de charité, si dignes de leur nom, qui consolent le malheur ou le soulagent. Il réorganisa les monts de piété ; il prescrivit les soins dus aux enfans abandonnés, chercha à prévenir les abus dans leur admission, veilla à ce qu’ils fussent mis en apprentissage, ordonna des mesures pour les secours à domicile, pour la répression de la mendicité et du vagabondage[8] ; il ne négligea rien pour propager la salutaire pratique de la vaccine, dont le généreux la Rochefoucauld-Liancourt venait de nous apporter le bienfait ; il créa cette Société de vaccine, que présida la Rochefoucauld-Liancourt, qui exerça une influence si salutaire, et que nous avons eu depuis la douleur de voir supprimer par une administration malfaisante[9]. Il introduisit les ateliers de travail dans les prisons, et commença à en réformer le régime[10]. Les intérêts de la santé publique n’excitèrent pas moins sa sollicitude ; il provoqua les lois du 9 ventose et du 21 germinal an XI, et les arrêtés du gouvernement des 20 prairial et 25 thermidor de la même année, sur l’exercice de la médecine et de la pharmacie ; il les commenta par ses instructions, il organisa les cours d’accouchement, provoqua le décret du 23 prairial an XII sur la police des inhumations, et régla l’exploitation des eaux minérales[11].

Mais ce fut sur les intérêts de l’industrie que se dirigèrent, comme on devait s’y attendre, ses méditations les plus habituelles ; il en étudia tous les besoins, il leur donna des organes ; il provoqua la loi du 22 germinal an XI sur la police des ateliers, le décret du 9 frimaire an XlI sur les livrets des ouvriers ; il établit les bourses et les chambres de commerce, les chambres consultatives des arts et manufactures ; il proposa le retour quinquennal des expositions des produits de l’industrie, et les récompenses dont elles deviennent l’occasion. Les écoles d’arts et métiers, le conservatoire, devenus tout ensemble un grand musée et une grande école, sont des monumens de sa sollicitude éclairée ; car c’était surtout en répandant l’instruction qu’il voulait favoriser le développement de l’industrie. Il fit publier les procédés utiles ; il visitait les ateliers, il s’entretenait avec les fabricans, il leur offrait ses conseils, applaudissait aux découvertes, aux perfectionnemens, il favorisait l’importation des procédés et des appareils venant de l’étranger. Ses encouragemens, dispensés avec discernement et justice, acquéraient un nouveau prix par la valeur de son suffrage[12]. Sa vigilance s’étendit sur les mines, usines, salines ; sur les tourbes, sur les approvisionnemens et les subsistances, sur la circulation des grains ; sur l’établissement du système des poids et mesures, si vivement réclamé dans l’intérêt du commerce et si fortement contrarié par l’obstination de la routine[13]. L’auteur du Traité sur la culture de la vigne n’oublia pas les expériences comparatives sur les propriétés des divers plants de vignes ; il chargea notre cher confrère Bosc de les réunir tous dans la pépinière du Luxembourg, pour en faire un sujet d’étude, création que nous avons vu détruire aussi au moment où elle allait porter ses fruits.

Nous le répétons : dans ce rapide tableau du ministère de Chaptal, en rappelant les actes principaux auxquels il attacha son nom comme ministre, nous n’avons garde de ravir le mérite d’en avoir conçu, préparé le travail à leurs véritables auteurs ; nous le revendiquons, au contraire, expressément pour eux. C’est ainsi, par exemple, que la législation sur la police des ateliers et les réglemens sur les écoles d’arts et métiers ont eu pour premier auteur notre honorable collègue, M. le baron Costaz, alors tribun.

Chaptal avait été nommé ministre le 1er. pluviose an IX ; il quitta le ministère vers la fin de l’an XII. Depuis cette époque, il fut appelé deux foi encore, dans des temps orageux, et d’une manière passagère, à prendre une part active et directe aux affaires publiques ; en 1814, comme commissaire extraordinaire dans la septième division militaire, pour présider aux mesures de défense contre l’invasion qui nous menaçait ; en 1815, comme directeur du commerce et des manufactures pendant les cent jours ; mais il ne put que prouver le dévouement dont il était animé pour servir son pays dans toutes les circonstances. Membre du Sénat impérial, il y siégea dix années, et en fut le trésorier. Pair de France en 1819, il éclaira par ses rapports ou par ses observations un grand nombre de discussions importantes sur les matières qui intéressaient les finances, le commerce, les subsistances, les manufactures, etc,

Mais une autre sphère d’activité l’attendait encore, et lui promettait les plus pures jouissances. Les vœux du Conseil général des hospices, dont il avait été le créateur, le demandèrent et l’obtinrent, en 1817, comme l’un de ses membres. Là, il put réaliser, par des applications directes et en détail, les vues qu’il avait conçues comme ministre. Pendant quinze ans, il en a partagé les travaux ; il a surveillé spécialement la boulangerie générale, la pharmacie centrale ; il a rédigé le réglement sur le service de santé, et coopéré à la bonne direction de tous, les services, digne récompense d’une vie si utile qu’une telle occasion de faire du bien !

Tous les loisirs que laissèrent à Chaptal les fonctions publiques depuis qu’il avait quitté le ministère, tous ceux dont il jouit, rentré, momentanément dans la vie privée pendant quatre ou cinq ans, il les employa à des travaux, à des publications que ne put ralentir l’approche de la vieillesse ; il se reposa dans la rédaction de nombreux ouvrages : ces ouvrages, à dater de cette époque, offrent un nouveau caractère ; l’expérience de l’homme public vient s’y unir avec les études du savant et la pratique des arts.

La Chimie appliquée aux Arts, le plus étendu des écrits de Chaptal, celui qui semble le mieux rassembler toutes ses vues et caractériser ses travaux, parut en 1807. Le plan en est extrêmement heureux, plein de grandeur, de simplicité, de méthode. Ce n’est point une suite de descriptions, où les procédés des arts viennent tour à tour se produire, c’est un ouvrage de principes, comme l’a dit l’auteur lui-même ; le flambeau de la science y éclaire à la fois tous les arts suivant leurs rapports d’analogie. Chaptal a défini la chimie appliquée aux arts, « cette science qui, de l’analyse comparée des opérations de tous les arts, fera découler quelques lois générales où viendront se rapporter les effets sans nombre que présentent les ateliers ; » et il a réalisé sa définition. Il a considéré d’abord les agens chimiques, ces instrumens généraux de tous les arts ; il a étudié les lois auxquelles ils sont soumis par la nature, et recherché les moyens dont l’homme dispose pour employer ou modifier ces lois ; il a décrit ensuite les corps sur lesquels s’exerce l’action chimique, s’arrêtant aux corps réputés simple, et à quelques substances composées, généralement employées comme matières premières ou comme agens d’action. C’est après avoir exposé ces deux ordres de considérations, qu’il arrive à la fabrication des produits chimiques : il nous montre alors les corps se combinant entr’eux, il nous fait assister au mélange des gaz, à celui des terres, à l’alliage des métaux, à la fabrication des sels ; il décrit enfin les préparations, le mode suivant lequel elles doivent être employées, la cause des effets, la différence de l’action. En assignant au chimiste et au fabricant le rôle spécial qui appartient à chacun, Chaptal détermine aussi les rapports qui les unissent et l’assistance mutuelle qu’ils se doivent.

Il signale les périls auxquels la pratique des arts est exposée par les théories, par les calculs du cabinet, par les innovations téméraires ; mais il signale aussi les obstacles qu’opposent aux progrès une routine aveugle, l’empirisme et le préjugé. Il donne aux fabricans de sages conseils, leur trace les conditions nécessaires aux succès de leurs entreprises, examine le pouvoir des localités, l’influence des villes et des campagnes. S’élevant ensuite à de plus hautes considérations, il assigne la part qui peut appartenir dans ces succès à la protection du Gouvernement, à des encouragemens bien entendus ; il discute le mérite et les inconvéniens des réglemens de fabrication ; il indique comment la législation doit concilier les intérêts de la liberté et de la concurrence avec les garanties dues à la bonne foi ; il présente enfin des vues neuves et ingénieuses sur l’influence des consommateurs. Le jury institué pour les prix décennaux assigna, en 1810, à la Chimie appliquée aux Arts, un rang éminent ; il proclama en quelque sorte le jugement de l’Europe entière ; cet ouvrage a été traduit dans toutes les langues.

Les études et les vues de l’administrateur se reproduisent avec plus de développement dans un nouvel ouvrage que Chaptal publia en 1819 sous le titre de l’Industrie française, 2 volumes in-8°. ; elles en ont inspiré le développement et éclairci toutes les parties. Ici, Chaptal embrasse à la fois toutes les branches de l’industrie. L’auteur trace successivement le tableau de l’état où elles étaient en 1789, celui des progrès qu’elles ont obtenus en trente ans, celui de leur état présent. À l’exposition des faits succède celle des principes qui doivent présider à l’administration de l’industrie. Il fait la part de l’influence qui appartient à l’action du Gouvernement, et de celle qui résulte de la conduite du fabricant ; il examine les effets propres aux traités de commerce ; il discute le mérite des réglemens de fabrication ; il explique comment les institutions de Colbert ont été dénaturées par l’esprit exclusif des corporations ; il signale les résultats des jurandes, des maîtrises, du compagnonage, de l’apprentissage, tels que cet esprit les avait constitués ; mais, en rappelant tout ce qu’ont eu de funeste les mesures restrictives, il fait sentir le besoin d’une sage police pour maintenir l’ordre dans les ateliers ; il indique les produits qui, par leur nature spéciale, demandent une garantie propre à rassurer le consommateur. La législation des douanes s’offre à lui comme un mode de protection pour l’industrie indigène ; il réclame pour le commerce la liberté, qui est la plus efficace des protections, mais il ne partage point les idées absolues de ceux qui veulent une liberté indéfinie ; il reconnaît que les prohibitions sont, en quelques cas, utiles et même nécessaires pour favoriser le développement de certaines branches d’industrie. Cet écrit, où l’auteur compare des faits nombreux et instructifs que sa position lui permettait de réunir, est tout ensemble une analyse raisonnée et une apologie de notre législation présente relativement à la matière qu’il embrasse.

La Chimie appliquée à l’agriculture est le dernier ouvrage qu’il ait publié : il s’y est montré agronome aussi habile qu’il était éminent chimiste ; il y a trouvé le sujet d’une nouvelle conquête pour la science à laquelle il était voué ; elle est à sa seconde édition.

Chaptal n’avait pas cessé de diriger, quoique de loin, ses ateliers de Montpellier. Il en avait créé d’autres sous ses yeux, non loin de la barrière du Roule ; plus tard, il les abandonna à son fils.

Il n’est presque pas une branche de fabrication, surtout dans celles qui ressortissent des connaissances chimiques, que Chaptal n’ait contribué à perfectionner ; il en est plusieurs qu’il a créées : parmi tant d’objets que nous pourrions citer, nous signalerons principalement la fabrication des aluns artificiels, celle du salpêtre, celle des cimens remplaçant la pouzzolane par l’emploi des terres ocreuses calcinées, le blanchiment à la vapeur, la teinture du coton en rouge d’Andrinople, les perfectionnemens introduits dans la préparation de l’acide sulfurique, dans la teinture, dans la fabrication du savon, dans le vernis des poteries, etc.

Au milieu de ces grands travaux, Chaptal trouva cependant le temps de donner aux fabricans de ces conseils pratiques que lui inspirait sa bienveillance pour eux, et que son expérience rendait si précieux ; il publia en 1807 l’Art de la teinture du coton en rouge, et en 1808 celui du teinturier et du dégraisseur. On trouve un grand nombre d’articles de lui dans les Mémoires de l’Institut, les Annales de Chimie, le Nouveau Dictionnaire d’Agriculture, la nouvelle édition du Théâtre d’Agriculture d’Olivier de Serres. Pendant que, retiré dans sa belle terre de Chanteloup, il s’y livrait à de grandes exploitations rurales, et y portait ce genre d’amélioration qui lui était propre, il y avait formé une vaste exploitation de sucre de betteraves ; il se hâta d’éclairer ceux qui voudraient suivre son exemple en publiant un mémoire sur cette fabrication. Mais, indépendamment de ces conseils publics et collectifs qu’il a donnés aux fabricans par les écrits sortis de sa plume, combien d’avis directs, individuels, n’ont-ils pas reçus de lui dans toutes les circollstances par la correspondance privée ou par des entretiens de vive voix ! On pourrait dire que le cabinet de Chaptal était pour eux une consultation toujours ouverte, dans laquelle ils rencontraient les directions les plus utiles ; ils étaient accueillis par l’obligeance la plus sincère.

On remarque dans les écrits de Chaptal, comme on avait remarqué dans son enseignement, cette clarté facile, cette simplicité élégante, cette exacte précision qui forment l’ornement le plus naturel de la science ; il le devait à l’habitude d’étudier les faits, au calme de son esprit, au commerce qu’il s’était plu à entretenir avec les lettres et avec ceux qui les cultivent : c’est sans doute encore l’habitude d’étudier, ainsi que les dispositions de son caractère, qui lui inspirèrent cette constante modération, cette sage impartialité qui l’accompagnèrent dans toutes les périodes de sa carrière et dans toutes les phases de sa destinée. De là cette rectitude de jugement dans la manière d’envisager les questions, cette prudence dans la pratique, cette défiance des abstractions, cet éloignement des systèmes absolus qui le distinguaient et devaient le distinguer d’autant plus dans les temps qu’il a traversés, que ces qualités n’ont pas été toujours générales ni toujours assez appréciées. Étranger aux passions, il ne fut jamais que du parti de la raison ; il rendit beaucoup de services, et ne fut jamais hostile à personne. Nous avons retracé l’image du savant, du professeur, du fabricant, de l’homme public, de l’écrivain ; il nous resterait à retracer celle du chef de la Société d’Encouragement pour l’industrie nationale, mais cette image vous est présente, Messieurs : ici, vos pensées nous accompagnent, nous devancent, comme vos sentimens répondent aux nôtres ; on excusera cependant peut-être celui qui se trouva avec Chaptal dans des relations plus étroites d’entrer ici dans quelques détails. Je communiquai à Chaptal le projet de formation de notre Société et sa première origine ; il s’en entretint plusieurs fois avec moi. Ce fut entre mes mains qu’il s’inscrivit sur la liste des souscripteurs qui étaient encore peu nombreux, et il y joignit immédiatement une souscription généreuse. Ministre de l’intérieur, il adressa dans toute la France, le 14 messidor an XII, une circulaire dans laquelle il faisait connaître le but de nos travaux, invitait à les seconder ; il dota notre Société de cette subvention sur les fonds de son ministère, qui a fait long-temps une de nos principales ressources ; il seconda la publication de notre Bulletin, la propagation de nos programmes de prix. Nommé président de la Société à sa première organisation, ce ne fut point au ministre qu’on déféra cet honneur, ce fut à la personne même de Chaptal, constamment réélu chaque année à l’unanimité des suffrages ; il la vit croître, se développer, parvenir à ce haut degré de considération et de prospérité qui a été pour elle la récompense de ses efforts pour être utile.

Chaptal prit à ce succès progressif une part essentielle ; déjà l’éclat de son nom, la juste célébrité qui y était attachée, la confiance qu’inspiraient son expérience et ses lumières, rejaillissaient sur la Société dont il était le chef ; ses sages directions la conduisirent fidèlement au but qu’elle s’était proposé sans en dévier jamais ; il entretint l’activité de ses travaux, la régularité de ses opérations ; les sentimens qu’on lui portait et la bienveillance naturelle à son caractère contribuèrent à la faire jouir de cette heureuse harmonie qui a établi entre ses membres de si douces relations, qui lui a donné par cette union une sorte d’esprit de famille. Vous vous rappelez, Messieurs, jusqu’où il portait cette assiduité qui, dans le chef d’une grande association, est une qualité si essentielle qu’elle devient presqu’une vertu ; avec quel empressement il arrivait toujours l’un des premiers à vos séances ; avec quel intérêt il suivait le cours des discussions, comme il savait les rendre fructueuses par l’art de les diriger en commun ; il les enrichissait lui-même par des observations judicieuses, par des faits toujours cités à propos. Vous vous rappelez quelle autorité il exerçait dans les réunions par le seul ascendant de son expérience, de son impartialité, de sa sagesse, d’une dignité simple, d’un esprit conciliant, sans jamais imposer la gêne la plus légère aux délibérations, et en professant le plus juste respect pour les opinions de chacun ; vous vous rappelez le soin délicat qu’il prenait de faire valoir les travaux des membres de votre Conseil d’administration ; vous vous rappelez avec quelle jouissance il déposait sur la tête des artistes, des inventeurs, ces couronnes que vous leur aviez décernées. Heureux alors tout ensemble et de leur joie et de votre propre satisfaction, avec quelle sincérité il applaudissait à toutes les découvertes, à toutes les créations dans lesquelles il apercevait un élément fécond pour la prospérité publique ! L’ame qui anime notre Société semblait ainsi respirer par son organe.

Si nous devions beaucoup aux lumières de Chaptal, à ses longs services, nous étions donc redevables aussi à ses qualités personnelles, à son caractère, à tout ce qui lui conciliait l’affection et l’estime dans les relations individuelles. Nous avons apprécié en lui l’homme privé en même temps que l’homme public ; nous nous sommes associés aux regrets de ses nombreux amis, à ceux de sa famille ; les larmes de l’attachement s’allient, autour de sa tombe, aux regrets de la patrie. Puissent ces larmes et ces regrets adoucir les douleurs de sa respectable compagne qui, pendant plus de quarante ans, partagea sa destinée, embellit sa vie, et qui aussi consola quelquefois ses peines ! Pour moi, Messieurs, qui me trouvais uni à lui par plusieurs liens divers et nombreux, en remplissant auprès de vous un si triste devoir, j’éprouve quelque soulagement à penser que mon affliction se confond avec la vôtre, à espérer que j’ai pu acquitter en votre nom une portion trop faible, sans doute, de la dette si étendue qui nous est imposée envers sa mémoire. Mais serait-ce assez ? Messieurs ; n’avons-nous pas plus encore pour honorer celle mémoire, qui devient pour nous un patrimoine ? Pourquoi ne chercherions-nous pas ou à faire exécuter son buste ou à demander une copie du beau portrait que Gros a fait de lui ? Hâtons-nous aussi de rassembler tous les écrits qui sont sortis de sa plume et de les placer dans notre bibliothèque ; sachons s’il n’existe pas aussi de lui quelques travaux manuscrits qui demanderaient à être conservés ; surtout maintenons de tous nos soins l’existence de cette Société qu’il servit si bien ; faisons-lui produire chaque jour de nouveaux fruits, et en réalisant le vœu qu’il avait formé pour elle par les services que nous rendrons à l’industrie, nous perpétuerons son œuvre et lui offrirons le plus digne hommage.



  1. Lue à la séance générale de la Société d’Encouragement pour l’industrie nationale, le 22 août 1832.
  2. Un vol. in-8°. 1783.
  3. 1796, in-8°.
  4. 1798, in-8°.
  5. Essai sur le Blanchiment, an IX, in-8°.
  6. Art de faire, de gouverner et de perfectionner les vins, 1 vol. in-8°, 1re édition, an IX ; 2e édition, 1819. — Traité théorique et pratique de la culture de la vigne, avec l’art de faire le vin, les eaux de vie, esprits de vin et vinaigres, 2 vol. in-8°, 1re édition, an IX ; 2e édition, 1811.
  7. Voir les Instructions des 16 ventose an IX ; — 21 ventose, 8 fructidor an X ; — 5 prairial an XI.
  8. Instructions des 8 pluviose, 1er germinal, … floréal, 8 messidor an IX ; — 28 vendémiaire, … nivose, 28 ventose, … messidor an X ; — 13 prairial an XI ; — 3 brumaire, 21, 28 et 30 germinal, 25 thermidor an XII, etc.
  9. Instructions et Arrêtés des 6 prairial an XI et … germinal an XII.
  10. Instructions des 8 pluviose et 28 ventose an IX.
  11. Instructions des 9 thermidor an X ; — 13 prairial, … fructidor an XI ; — 8 messidor et 25 thermidor an XII.
  12. Instructions des 13 ventose, … germinal et 21 fructidor an IX ; — 12 fructidor an XI ; — 4 nivose an XII.
  13. Instructions des … nivose, 29 pluviose, 3 germinal, 19 floréal, 18 messidor, 6 thermidor, 2 et 6 fructidor an IX ; — 27 germinal an X ; — 8 frimaire an XI.