Nanny (1852)

Poëmes antiquesLibrairie de Marc Ducloux, éditeur (p. 311-313).
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XXIV



NANNY.




Imité de Burns.



Bois chers aux ramiers, pleurez, doux feuillages,
Et toi, source vive, et vous, frais sentiers ;
          Pleurez, ô bruyères sauvages,
          Buissons de houx et d’églantiers !


Du courlis siffleur l’aube saluée
Suspend au brin d’herbe une perle en feu ;
          Sur le mont rose est la nuée ;
          La poule d’eau nage au lac bleu

Pleurez, ô courlis ; pleure, blanche aurore ;
Gémissez, lac bleu, poules, coqs pourpré ;
          Vous que la nue argente et dore,
          Ô claires collines, pleurez !

Printemps, roi fleuri de la verte année,
Ô jeune dieu, pleure ! Été mûrissant,
          Coupe ta tresse couronnée ;
          Et pleure, automne rougissant !


L’angoisse d’aimer brise un cœur fidèle.
Terre et ciel, pleurez ! oh ! que je l’aimais !
          Cher pays, ne parle plus d’elle :
          Nanny ne reviendra jamais !