Monsieur Vernet

Librairie Olendorff (p. 173-338).


MONSIEUR VERNET


COMÉDIE EN DEUX ACTES


Représentée, pour la première fois, le 6 mai 1903,

au théâtre Antoine.




À MARINETTE





PERSONNAGES


MONSIEUR VERNET MM. Antoine.

HENRI GÉRARD Signoret.

CRUZ, pêcheur, Degeorgb.

MADAME VERNET Mmes Cheirel.

PAULINE, vieille fille, sœur de Madame Vernet Ellen Andrée.

MARGUERITE, nièce de Madame

Vernet et de Pauline Miéris.

MADAME CRUZ Luge Colas.

HONORINE, servante des Vernet. Barny.


Le premier acte se passe à Paris ; le second au bord de la mer.


MONSIEUR VERNET





ACTE PREMIER


À Paris. Neuf heures du soir. Un petit salon qui prouve que, si M. Vernet est riche, madame Vernet a du goût. Baie à droite, porte au fond ; à gauche, drapé sur un chevalet, le portrait de madame Vernet. M. Vernet se promène. Madame Vernet range un dernier tiroir.



SCENE I


MONSIEUR VERNET, MADAME VERNET.
MONSIEUR VERNET

As-tu donné des ordres à Honorine }

MADAME VERNET

Oui. Tu es sûr que M. Henri viendra ?

MONSIEUR VERNET

Il me l’a promis, à la salle. Je Im ûi dit que nou5 allions quitter Paris deux mois. Il veut nous serrer la main avant notre départ.

MADAME VERNET

Il veut, — parce que tu l’as invité

MONSIEUR VERNET

Oui, tantôt je l’invite, tantôt il me dit : « Monsieur Vernet, puis-je vous faire une visite ce soir ? » et je réponds : « Vous nous ferez plaisir à madame Vernet et à moi. » Ça se passe naturellement. Nous devenons des amis.

MADAME VERNET

Déjà !

MONSIEUR VERNET

Je me lie rapidement avec ceux qui me plaisent, et je me délie, avec la même rapidité, aussitôt qu’on me déplaît. Je déteste les bonjours et les bonsoirs qui n’en finissent plus. Ça ne m’a pas empêché de faire fortune dans la soierie.

MADAME VERNET

Comment M. Henri, qui est pauvre, peut-il fréquenter une salle d’armes ?

MONSIEUR VERNET

La nôtre n’est pas chère. — Elle l’est pour moi, parce que je lui fais quelques cadeaux. J’offre une tenture, une panoplie, un bronze. J’ai poussé Martinet à fonder cette salle. C’est le moins que je le soutienne. MADAME VERNET Tu as raison. MONSIEUR VERNET Elle va très bien, notre petite salle. Nous songeons même à l’organiser comme un cercle et à choisir un président parmi nous. M. Henri m’aide à attirer des élèves. Il a de jeunes relations-. Il représente. On s’amuse et ça me fait du bien. De six à sept, quand je quitte le magasin, où je n’avale que de la poussière, un bon assaut, suivi d’une bonne douche, me remet. Tu ne trouves pas que je me porte mieux ? MADAME VERNET Si. MONSIEUR VERNET Je fonds. MADAME VERNET Tu ne grossis plus. Mais tu bois trop. C’est effrayant ce que tu as bu à dîner I MONSIEUR VERNET J’avais tiré avec Henri. MADAME VERNET Tu l'appelles Henri tout court ? MONSIEUR VERNET Quelquefois, quand il a reçu la pile, comme ce soir ; ça t’offusque ? MADAME VERNET

Moi, non, mais lui ?
MONSIEUR VERNET

Il est charmant.

MADAME VERNET

Et il te charme de plus en plus.

MONSIEUR VERNET

Par sa jeunesse, sa gaîté…


MADAME VERNET

Tiens !

MONSIEUR VERNET

Pas toi ?

MADAME VERNET

Je veux dire que ce qui me frappe en lui, ce sont ses tristesses. Brusquement, au milieu d’une phrase, il devient triste ! triste ! Ça impressionne

MONSIEUR VERNET

Ah !… moi je le trouve gai. Il en a pour nos deux goûts.

MADAME VERNET

Je ne le crois pas heureux.

MONSIEUR VERNET

Les soucis de son âge.

MADAME VERNET

Comment vit-il ?

MONSIEUR VERNET

Comme un jeune homme qui a une belle Page:Renard - Comedies.djvu/187 Page:Renard - Comedies.djvu/188 Page:Renard - Comedies.djvu/189 Page:Renard - Comedies.djvu/190 Page:Renard - Comedies.djvu/191 Page:Renard - Comedies.djvu/192 Page:Renard - Comedies.djvu/193 Page:Renard - Comedies.djvu/194 Page:Renard - Comedies.djvu/195 Page:Renard - Comedies.djvu/196 Page:Renard - Comedies.djvu/197 Page:Renard - Comedies.djvu/198 Page:Renard - Comedies.djvu/199 Page:Renard - Comedies.djvu/200 Page:Renard - Comedies.djvu/201 Page:Renard - Comedies.djvu/202 Page:Renard - Comedies.djvu/203 Page:Renard - Comedies.djvu/204 Page:Renard - Comedies.djvu/205 Page:Renard - Comedies.djvu/206 Page:Renard - Comedies.djvu/207 Page:Renard - Comedies.djvu/208 Page:Renard - Comedies.djvu/209 Page:Renard - Comedies.djvu/210 Page:Renard - Comedies.djvu/211 Page:Renard - Comedies.djvu/212 Page:Renard - Comedies.djvu/213 Page:Renard - Comedies.djvu/214 Page:Renard - Comedies.djvu/215 Page:Renard - Comedies.djvu/216 Page:Renard - Comedies.djvu/217 Page:Renard - Comedies.djvu/218 Page:Renard - Comedies.djvu/219 Page:Renard - Comedies.djvu/220 Page:Renard - Comedies.djvu/221 Page:Renard - Comedies.djvu/222 Page:Renard - Comedies.djvu/223 Page:Renard - Comedies.djvu/224 Page:Renard - Comedies.djvu/225 Page:Renard - Comedies.djvu/226 Page:Renard - Comedies.djvu/227 Page:Renard - Comedies.djvu/228 Page:Renard - Comedies.djvu/229 Page:Renard - Comedies.djvu/230 Page:Renard - Comedies.djvu/231 Page:Renard - Comedies.djvu/232 Page:Renard - Comedies.djvu/233 Page:Renard - Comedies.djvu/234 Page:Renard - Comedies.djvu/235 Page:Renard - Comedies.djvu/236 Page:Renard - Comedies.djvu/237 Page:Renard - Comedies.djvu/238 Page:Renard - Comedies.djvu/239 Page:Renard - Comedies.djvu/240 Page:Renard - Comedies.djvu/241 Page:Renard - Comedies.djvu/242 Page:Renard - Comedies.djvu/243 Page:Renard - Comedies.djvu/244 Page:Renard - Comedies.djvu/245 Page:Renard - Comedies.djvu/246 Page:Renard - Comedies.djvu/247 Page:Renard - Comedies.djvu/248 Page:Renard - Comedies.djvu/249 Page:Renard - Comedies.djvu/250 Page:Renard - Comedies.djvu/251 Page:Renard - Comedies.djvu/252 Page:Renard - Comedies.djvu/253 Page:Renard - Comedies.djvu/254 Page:Renard - Comedies.djvu/255 Page:Renard - Comedies.djvu/256 Page:Renard - Comedies.djvu/257 Page:Renard - Comedies.djvu/258 Page:Renard - Comedies.djvu/259 Page:Renard - Comedies.djvu/260 Page:Renard - Comedies.djvu/261 Page:Renard - Comedies.djvu/262 Page:Renard - Comedies.djvu/263 Page:Renard - Comedies.djvu/264 Page:Renard - Comedies.djvu/265 Page:Renard - Comedies.djvu/266 Page:Renard - Comedies.djvu/267 Page:Renard - Comedies.djvu/268 Page:Renard - Comedies.djvu/269 Page:Renard - Comedies.djvu/270 Page:Renard - Comedies.djvu/271 Page:Renard - Comedies.djvu/272 Page:Renard - Comedies.djvu/273 Page:Renard - Comedies.djvu/274 Page:Renard - Comedies.djvu/275 Page:Renard - Comedies.djvu/276 Page:Renard - Comedies.djvu/277 Page:Renard - Comedies.djvu/278 Page:Renard - Comedies.djvu/279 Page:Renard - Comedies.djvu/280 Page:Renard - Comedies.djvu/281 Page:Renard - Comedies.djvu/282 Page:Renard - Comedies.djvu/283 Page:Renard - Comedies.djvu/284 Page:Renard - Comedies.djvu/285 Page:Renard - Comedies.djvu/286 Page:Renard - Comedies.djvu/287 Page:Renard - Comedies.djvu/288 Page:Renard - Comedies.djvu/289 Page:Renard - Comedies.djvu/290 Page:Renard - Comedies.djvu/291 Page:Renard - Comedies.djvu/292 Page:Renard - Comedies.djvu/293 Page:Renard - Comedies.djvu/294 Page:Renard - Comedies.djvu/295 Page:Renard - Comedies.djvu/296 Page:Renard - Comedies.djvu/297 Page:Renard - Comedies.djvu/298 Page:Renard - Comedies.djvu/299 Page:Renard - Comedies.djvu/300 Page:Renard - Comedies.djvu/301 Page:Renard - Comedies.djvu/302 Page:Renard - Comedies.djvu/303 Page:Renard - Comedies.djvu/304 Page:Renard - Comedies.djvu/305 Page:Renard - Comedies.djvu/306 Page:Renard - Comedies.djvu/307 Page:Renard - Comedies.djvu/308 Page:Renard - Comedies.djvu/309 Page:Renard - Comedies.djvu/310 Page:Renard - Comedies.djvu/311 Page:Renard - Comedies.djvu/312 Page:Renard - Comedies.djvu/313 Page:Renard - Comedies.djvu/314 Page:Renard - Comedies.djvu/315 Page:Renard - Comedies.djvu/316 Page:Renard - Comedies.djvu/317 Page:Renard - Comedies.djvu/318 Page:Renard - Comedies.djvu/319 Page:Renard - Comedies.djvu/320 Page:Renard - Comedies.djvu/321 Page:Renard - Comedies.djvu/322 MONSIEUR VERNET 3l7 HENRI Quand vous voudrez, au moindre prétexte. MONSIEUR VERNET Nous le chercherons tous deux, à tête reposée... Nous dirons que votre père, de passage à Paris, vous y attend. C’est simple. HENRI Comme bonsoir. MONSIEUR VERNET Ça, c’est déjà moins gentil. HENRI Pardon, monsieur Vernet... Mais j’y pense, j’ai un moyen encore plus simple. Je dois passer la nuit en mer avec Cruz. Demain matin, je ne reviendrai pas. MONSIEUR VERNET Vous me faites peur.

                        HENRI, gaîment. 

Vous croyez que je vais me jeter à l’eau. Ah ! Qon, tout de même. MONSIEUR VERNET, commc Henri ; Ou simuler un naufrage 1 HENRI A votre tour, monsieur Vernet, ne m’accablez pas. Page:Renard - Comedies.djvu/324 Page:Renard - Comedies.djvu/325 Page:Renard - Comedies.djvu/326 Page:Renard - Comedies.djvu/327 Page:Renard - Comedies.djvu/328 Page:Renard - Comedies.djvu/329 Page:Renard - Comedies.djvu/330 Page:Renard - Comedies.djvu/331 Page:Renard - Comedies.djvu/332 Page:Renard - Comedies.djvu/333 Page:Renard - Comedies.djvu/334 Page:Renard - Comedies.djvu/335 Page:Renard - Comedies.djvu/336 Page:Renard - Comedies.djvu/337 Page:Renard - Comedies.djvu/338 Page:Renard - Comedies.djvu/339 Page:Renard - Comedies.djvu/340 Page:Renard - Comedies.djvu/341 Page:Renard - Comedies.djvu/342 Page:Renard - Comedies.djvu/343

MADAME VERNET

De la vraie peine.

MONSIEUR VERNET

Ah !

MADAME VERNET

De la peine.

MONSIEUR VERNET

Ma pauvre amie ! il était temps.



Rideau.