Marie-Claire/27

Eugène Fasquelle (p. 94-95).



La nuit était très avancée quand je m’endormis, et dès le matin j’attendis la fermière. J’aurais voulu qu’elle vînt, et j’avais peur de la voir venir.

Sœur Marie-Aimée relevait brusquement la tête chaque fois que quelqu’un ouvrait la porte.

Comme nous finissions de dîner, la portière vint demander si j’étais prête à partir.

Sœur Marie-Aimée la renvoya en disant que je serais prête dans un instant.

Elle se leva en me faisant signe de la suivre. Elle m’aida à m’habiller, me remit un petit paquet de linge, et dit tout à coup :

— C’est demain qu’on le ramène, et tu ne seras plus là.

Elle reprit en me regardant dans les yeux :

— Jure-moi que tu diras tous les soirs un De Profundis pour lui.

Je jurai.

Alors, elle me serra avec violence sur sa poitrine, et elle se sauva vers sa chambre.

Puis j’entendis qu’elle disait :

— Oh ! c’est trop, mon Dieu, c’est trop !


Je traversai la cour toute seule, et la fermière, qui m’attendait, m’emmena aussitôt.