Marie, que je sers en trop cruel destin

Les Amours
Texte établi par Hugues VaganayGarnier (2p. 116-117).

XLVIII

Marie, que je sers en trop cruel destin,
Quand d’un baiser d’amour vostre bouche me baise,
Je suis tout esperdu, tant le cœur me bat d’aise :
Entre voz doux baisers puissay-je prendre fin.
Il sort de vostre bouche un doux flair, qui le thin,
Le josmin et l’œillet, la framboise et la fraise

Surpasse de douceur, tant une douce braise

Vient de la bouche au cœur par un nouveau chemin.
Il sort de voz tetins une odoreuse haleine
(Je meurs en y pensant) de parfum toute pleine,
Digne d’aller au ciel embasmer Jupiter.
Mais quand toute mon ame en plaisir se consomme
Mourant dessus voz yeux, lors pour me despiter
Vous fuyez de mon col pour baiser un jeune homme.


BELLEAU Marie, que je sers.) Ce Sonet est tout plein d’amour sur le commencement, et de jalouzie sur la fin. Quand d’un baiser d’amour.) C’est ce que les Grecs appellent