Marie, en me tanceant vous me venez reprendre

Les Amours
Texte établi par Hugues VaganayGarnier (2p. 53-54).

XIII

Marie, en me tanceant vous me venez reprendre
Que je suis trop leger, et me dites tousjours,
Quand j’approche de vous, que j’aille à ma Cassandre
Et tousjours m’appellez inconstant en amours.

» Je le veux estre aussi : les hommes sont bien lours,
» Qui de nouvelle amour ne se laissent surprendre :
Le loyal qui ne veut qu’à une seule entendre,
N’est digne que Venus luy face de bons tours.
Celuy qui n’ose faire une amitié nouvelle,
A faute de courage, ou faute de cervelle,
Se défiant de soy, qui ne peut avoir mieux.
Les hommes maladifs, ou mattez de vieillesse
Doivent estre constans : mais sotte est la jeunesse,
Qui n’est point esveillée, et qui n’aime en cent lieux.