Mademoiselle de Clermont/Présentation


Mademoiselle de Clermont est un roman fort joli d’un bout à l’autre, dont la brièveté est le moindre mérite. Les caractères de la princesse, de son frère M. le duc, et de son amant le duc de Melun, sont tracés avec une vérité charmante. Là, ni incidents recherchés, ni déclamations prétendues religieuses ; action simple, style naturel, narration animée, intérêt toujours croissant, voilà ce qu’on y trouve ; on croirait lire un ouvrage posthume de Mme de la Fayette. — Mlle de Clermont, arrière-petite-fille du grand Condé, se prend d’inclination pour le duc de Melun, homme de trente ans, d’une belle figure, de beaucoup d’esprit, d’un caractère noble et élevé. La princesse a vingt ans ; elle n’a plus ni père ni mère, et quoique dans la dépendance de son frère, elle a jusqu’à un certain point le droit de disposer de son cœur. Rien dans ce petit roman ne s’oppose à l’intérêt que les deux amants inspirent ; rien n’en altère la pureté ; les développements de leur amour mutuel et mystérieux sont pleins de charmes ; et il n’y a guère de lecteur honnête qui, s’il a eu un amour contrarié, ne retrouve dans ce joli roman quelques sentiments et peut-être des petits incidents du roman de sa jeunesse.