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Lettres persanes/Notes et variantes – Tome II

< Lettres persanes
Texte établi par André Lefèvre, A. Lemerre (p. 159-168).

NOTES ET VARIANTES.
(Voir l’Index pour l’histoire, la religion, la philosophie, le droit public et privé, les mœurs orientales et européennes.)

Lettre LXXXIX (LXXXVI de 1721-1754).

Lettre XCII (quatrième du Supplement de 1754).

Lettre XCIII (LXXXIX de 1721-1754).

Lettre XCVI (XCII de 1721-1754).

« L’acte de justice la plus sévère c’est la guerre ; puisque son but est la destruction de la société. » C’est la leçon de 1721 et de 1754.
Le passage est atténué ainsi dans quelques éditions subséquentes : « puisqu’elle peut avoir l’effet de détruire la société ».
Un éditeur moderne (Didot) a cru bien faire’en accolant les deux leçons bout à bout : « puisqu’elle peut avoir l’effet etc…,? puisque son but est la destruction de la société.
« Cette peine répond à celle du bannissement établie dans les tribunaux, qui retranche les coupables de la société. Ainsi un prince, à l’alliance duquel nous renonçons, est retranché par là de notre société et n’est plus un de nos membres. »
Ceci est la leçon originale de 1721 et 1754.
Dans les éditions postérieures, notamment 1785 (Edition complète), et Lefèvre 1820, d’après l’édition de Londres 1757, et peut-être sur des indications manuscrites de Montesquieu conservées par son fils et son secrétaire, ce passage est corrigé ainsi :
« Cette peine répond à celle du bannissement, que les tribunaux ont établi pour retrancher les coupables de la société. Ainsi un prince, à l’alliance duquel nous renonçons, est retranché de notre société, et n’est plus un des membres qui la composent.
Les trois derniers alinéas pour lesquels nous suivons la correction du Supplément de 1754, sont ainsi rédigés dans le texte primitif :
« Le droit de conquête n’est point un droit. Une société ne peut être fondée que sur la volonté des associés : si elle est détruite par la conquête, le peuple redevient libre ; il n’y a plus de nouvelle société : et si le vainqueur en veut former, c’est une tyrannie.
« À l’égard des traités de paix, ils ne sont jamais légitimes, lorsqu’ils ordonnent une cession ou dédommagement plus considérable que le dommage causé : autrement, c’est une pure violence, contre laquelle on peut toujours revenir ; à moins que, pour ravoir ce qu’on a perdu, on ne soit obligé de se servir de moyens si violents, qu’il en arrive un mal plus grand que le bien que l’on en doit retirer.
« Voilà, cher Rhédi, ce que j’apelle le droit public ; voilà le droit des gens ou plutôt celui de la raison. »
En tête de la correction indiqué par le Supplément, et qui, sous beaucoup de rapports, est inférieure au texte primitif, se lit cet avertissement : « À la place des trois derniers alinéas, mettez ceux-ci. »
Cependant quelques éditions ont maintenu, et avec raison, à la suite du nouveau texte, la conclusion si ferme : « Voilà cher Rhédi… »

Lettre XCVIII (XCIV de 1721-1754.)

« Écoute ce que je vais te dire… »
1721 1re : « Ce que je te vais dire … »
Leçon préférable eu égard à l’habitude constante de Montesquieu
« Ce n’est qu’après bien des réflexions, qu’on en a connu toute la fécondité. »
Éditions postérieures à 1754 : « qu’on en a vu … »
Cette lettre (LXXXIV de la 2e Marteau) est vivement incriminé dans la brochure de l’abbé Gaultier : Lettres persanes convaincues d’impiété.

Lettre CIII (XCIX de 1721-1754).

« Au moins il est impossible qu’ils aient subsisté longtemps dans leur pureté. »
Les mots en italique manquent dans 1721-54, et appartiennent aux éditions postérieures qui procèdent de 1757 (Voir la Bibliographie.)
« Caravansérails ». 1721, 1re donne : Caravanserais, qui avec un l serait peut-être la meilleure transcription de ce terme oriental ; et 1754 : Caravanseras.
« Il n’y a que quatre ou cinq siècles qu’un roi de France prit des gardes. »
Ce roi est Philippe Auguste menacé âr les Assassins du Vieux de la Montagne.

Lettre CXI (CVII 1721-1754)

« Un général d’armée n’emploie pas plus d’attention à placer sa droite… qu’elle en met à poster une mouche qui peut manquer… »
C’est la leçon de 1754, et certainement la meilleure.
1721 1re donne : « porter une mouche. (C’est une coquille)
1721 2e donne : poster sa droite,… placer une mouche.
Les éditions subséquentes « poser une mouche » (qui ne vaut pas poster)

Lettre CXII (Cinquième du Supplément de 1754).

Elle se trouve déjà en grande partie dans la 2e Marteau (LVIII), avec une adresse et une date différente.
En voici le début et les variantes, ainsi qu’une note qui ne figure plus au Supplément :
Rica à ***
« Le peuple est un animal qui voit et qui entend ; mais qui ne pense jamais. Il est dans une léthargie ou dans une fougue surprenante ; et il va et vient sans cesse d’un de ces états à l’autre, sans savoir jamais d’où il est parti.
« J’ai oui parler en France d’un certain gouverneur de Normandie, qui, voulant se rendre plus considérable à la cour, excitoit lui-même de temps en temps quelques séditions, qu’il apaisoit aussitôt
« Il avoua depuis que la plus forte sédition ne lui coûta tout compte fait, qu’un demi toman. IL faisoit assembler quelques canailles dans un cabaret qui donnoit le ton à toute la ville, et ensuite à toute la province.
« Ceci me fait ressouvenir d’une lettre qu’écrivit dans les derniers troubles de Paris un des généraux de cette ville à un de ses amis.
« Je fis sortir, il y a trois jours, les troupes de la ville ; mais elles furent repoussées avec perte. Je compte pourtant que je réparerai facilement cet échec ; j’ai six couplets…
« Si cela ne suffit pas, il a été résolu au conseil de faire paroître une estampe, qui fera voir Mazarin pendu ; et pour peu que la conjoncture des affaires le demande, nous aurons la ressource d’ordonner au graveur de le rouer…
« Jugez après cela si le peuple a tort de s’animer, et de faire du nom de Mazarin un mot…
« Notre musique l’a si furieusement vexé sur le péché originel que, pour ne pas voir ses partisans réduits à la moitié, il a été obligé de renvoyer tous se pages. Je suis, etc…
De paris, le 9 de la lune de Zilcadé 1715.
En note aux mots : « le ton ridicule dont il prononce. »
« Le cardinal Mazarin, voulant prononcer l’arrêt d’Union, dit devant les députés du parlement l’arrêt d’Ognon ; sur quoi le peuple fit force plaisanteries. »
Le péché originel dont il est question plus haut est ce vice contre nature qu’on nomme parfois italien, et qui serait mieux nommé clarical.

Lettre CXIII (CVIII de 1721-1754).

Lettre CXIV (CIX de 1721-1754, XCIX de 1721 2e Marteau)

Elle est incriminée dans la brochure : Lettres persannes convaincues d’impiété.
« Il ne faut donc pas compter les années du monde… »
Cet alinéa ne manque ni dans 1721 1re, ni dans 1721 2e Marteau, ni dans 1754. C’est à tort qu’il a été supprimé dans 1758 et dans beaucoup d’éditions postérieures.
« Cependant tous les historiens nous parlent d’un premier père ; ils… »
Les mots en italiques manquent dans la première édition. Ils sont déjà rétablis dans 1721 2e Marteau.
L’avant dernier paragraphe : « mais toutes les destructions ne sont pas violentes… » appartient au Supplément de 1754.

Lettre CXVII (CXII de 1721 1re, CII de la 2e Marteau).

Incriminée dans les Lettres persannes convaincues d’impiété.

Lettre CXVIII (CXII 1re, CIII 2e Marteau).

Également incriminée.

Lettre CXX.

Tyen, ciel des chinois.
1721 1re : Tyien.

Lettre CXXII

« L’air se charge, comme les plantes… »
Alinéa ajouté par le Supplémment de 1754.

Lettre CXXV (Sixième du Supplément de 1754).

Elle se trouve déjà dans 1721 2e Marteau (LX, Usbek à ***, Paris, 11 Zilcaldé 1715), avec les variations suivantes :
Troisième alinéa.
« À mon esprit ; il me semble… »
1721 2e : et il me semble…
quatrième alinéa.
« De quelques uns de nos sujets… »
1721 2e : de nos plus riches sujets…
« Nous avons enfin cédé à la multitude des requêtes… »
1721 2e : à la multitude innombrable
« Faire attention qu’il étoit notoire… »
1721 2e : qu’il est notoire…
« Nous ont prié, branlant la tête… »
1721 2e : en branlant la tête…
« Ainsi désirant traiter les suppliants… »
1721 2e : À ces causes, désirant…
septième alinéa.
« À leurs femmes et à leurs enfants… »
1721 2e : À leurs femmes, à leurs enfants…
« Dans leurs familles, les principales fêtes de l’année… »
1721 2e : dans leurs familles, avec leurs amis, etc…
Huitième alinéa.
« Elles viennent à les y contraindre… »
1721 2e : Ils viennent…
« Défendons à nos magistrats… »
1721 2e : à tous nos magistrats…

Lettre CXXVI (CXX de 1721 1re, CX de 1721 2e Marteau)

« Incriminée dans les Lettres persannes convaincues d’impiété. »

Lettre CXXXVII (CXXXI de 1721 1re).

« semble échauffer les imaginations mêmes. »
Mêmes manque, et avec raison, dans 1721 1re.
« Romans » pris dans le sens de romanciers.

Lettre CXXXVIII (CXXXII de 1721 1re).

« N. prit le fer à la main… » N. est le duc de Noailles.
« Un étranger » : Law, Écossais. (Voir l’Index).

Lettre CXLI (CXXXV de 1721 1re).

« Romans » dans le sens de romanciers.
« Zuléma ». 1721 1re : Zumela.
« Gemmadi I, 1720 »
I manque dans 1754.

Lettre CXLIII (CXXXVII 1721-1754}).

La piquante Lettre d’un médecin de province figure tout entière dans les deux éditions qui servent de base à notre travail. 1721 1re donne même Révérend père jésuite, là où 1754 n’a que les initiales R.P.J.
Ce n’est qu’après la mort de Montesquieu que des éditeurs timorés ont supprimé ou mis en note l’énumération des médicaments : la lettre s’arrête à « on lui expliqua la chose, comme esse s’étoit passée. »
Déjà la fin du paragraphe intitulé P.S. avait disparu
« Il y a bien des choses que je n’entends pas, etc… »
Les éditeurs ont fictivement attribué à Montesquieu lui-même ces mutilations qu’on ne s’explique guère :
« L’auteur, disent-ils, dans le manuscrit qu’il avoit confié de son vivant (ce qui est faux) aux libraires, a jugé à propos de faire des retranchements. On n’a pas cru devoir en priver le lecteur qui les trouvera en notes. »
« Prenez dix A*** du C*** concernant la B*** et la C*** des J***. »
Dix Arrêts du Conseil concernant la Bulle et la Constitution des Jésuites. (Selon d’autres : concernant la Banque, ou la Bourse, et la Compagnie des Indes.)
« M. de N. » Fléchier évêque de Nîmes. Montesquieu est ici bien aimable d’excepter les Oraisons funèbres de Fléchier.
« Teigne » 1721 : tigne.
« Miraculum chymicumn, de violenta, etc… »
Miracle chimique, par violente fermentation, avec fumée, feu et flamme.
Mélangez une infusion de Quesnel avec une infusion de Lallemand ; que la fermentation ait lieu, avec grande violence, bouillonnement et tonnerre, es acides se combattant, et pénétrant à l’envi les sels alcalins : il se fera une vaporation d’esprits brûlants. Mettez la liqueur fermentée dans l’alambic ; vous n’en tirerez rien, et n’y trouverez rien sinon un caput mortuum (une drogue inutile et impuissante.)
« Lenitivum. »
Prenez deux feuillets de l’anodin Molina ; six pages du laxatif Escobar ; une feuille de l’émollient Vasquez : faites infuser dans quatre livres d’eau ordinaire, faites réduire par la cuisson, à moitié ; pressez ; et dans l’extrait faites dissoudre trois feuilles du détersif Bauni et du diluant Tamburini.
Faites du tout un lavement.
« Clyster. » 1721-1754 : clister.
« In chlorosim, etc… »
Contre la chlorose, que le vulgaire appelle pâles-couleurs ou fièvre-amoureuse.
Prenez quatre figures de l’Arétin ; deux feuilles du révérend Thomas Sanchez De matrimonio (Du mariage). Faites infuser dans cinq livres d’eau ordinaire.
Faites du tout une tisane apéritive.

Lettre CXLIV (Septième du Supplément de 1754).

Lettre CXLV (Huitième du supplément de 1754).

Cette lettre se retrouve tout entière dans 1721 2e Marteau (LIX).
« Sa vue qui se porte toujours loin… »
1721 2e : qui porte…
« On est charmé de donner à celui-ci, on est enchanté d’ôter à celui-là. »
1721 2e : On, aime à donner…,? on est charmé d’ôter…
« Une mite. »
1721 2e : Mitte…
« L’hiver dernier, je pensai mourir… »
1721 2e : L’hiver passé,…
« On lui suscite… »
1721 2e : On lui suscitera
« La constitution de l’empire…
1721 2e : des empires
« Mais ce n’est point assez…
1721 2e : pas
« De Paris, le 20 de la lune de Chahban, 1720. »
1721 2e : De Paris, le 10 de la lune Zilcadé, 1715.

Lettre CXLVII (CXXXIX de 1721-1754).

« Tes femmes se sont imaginé… »
1721, 1754 : se sont imaginées
La date de cette lettre et des huit suivantes semblerait devoir les placer entre CVI et CXXVIII. L’auteur aura voulu, en les rassemblant, donner plus de corps à la conclusion de son roman et finir comme il avait commencé.

Lettre CLI (CXLIII de 1721 à 1754).

« Je sais ce qu’il t’écrivit… »
1721 1re, 2e et 1754 portent : je ne sais (qui répond moins bien au sens général).
« Avant qu’elles arrivassent…
1721 1re, 2e : qu’elles n’arrivassent…

Lettre CLVII (Neuvième du Supplément de 1754).

Lettre CLVIII (Dixième du Supplément de 1754).

Lettre CLX (Onzième du Supplément du 1754).

Lettre CLXI et dernière (CL de 1721-1754, CXL de 1721 2e Marteau, et 1730, 3e édition, Amsterdam, Jacques Desbordes).