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Les pères du système taoïste/Tchoang-tzeu/Chapitre 20. Obscurité voulue

Imprimerie de Hien Hien (p. 369-377).



Chap. 20. Obscurité voulue.


A.   Comme Tchoang-tzeu traversait les montagnes, il vit un grand arbre, aux branches longues et luxuriantes. Un bûcheron, qui coupait du bois près de là, ne touchait pas à cet arbre. Pourquoi cela ? demanda Tchoang-tzeu. ... Parce que son bois n’est propre à rien, dit le bûcheron. ... Le fait de n’être propre à rien vaudra donc à cet arbre de vivre jusqu’à sa mort naturelle, conclut Tchoang-tzeu. — Après avoir franchi les montagnes, Tchoang-tzeu reçut l’hospitalité dans une famille amie. Content de le revoir, le maître de la maison dit à son domestique de tuer un canard et de le faire cuire. Lequel de nos deux canards tuerai-je ? demanda le domestique ; celui qui sait caqueter, ou celui qui est muet ? .. Le muet, dit le maître. — Le lendemain le disciple qui accompagnait Tchoang-tzeu lui dit : hier, cet arbre a été épargné, parce qu’il n’était bon à rien ; ce canard a été égorgé, parce qu’il ne savait pas caqueter ; alors, d’être capable ou d’être incapable, qu’est-ce qui sauve ? .. Cela dépend des cas, dit Tchoang-tzeu, en riant. Une seule chose sauve dans tous les cas ; c’est de s’être élevé à la connaissance du Principe et de son action, et partant de se tenir dans l’indifférence et dans l’abstraction. L’homme qui en est là fait aussi peu de cas de l’éloge que du blâme. Il sait s’élever comme le dragon, et s’aplatir comme le serpent, se pliant aux circonstances, ne s’obstinant dans aucun parti pris. Que sa position soit élevée ou humble, il s’adapte à son milieu. Il s’ébat dans le sein de l’ancêtre de toutes choses (le Principe). Il dispose de tous les êtres comme il convient, n’étant affectionné à aucun être. Advienne que pourra, il ne craint rien. Ainsi dirent Chenn-noung et Hoang-ti. Les politiciens actuels (Confucius et ses disciples) font tout le contraire, aussi éprouvent-ils des revers. Après la condensation, la dissipation ; après le succès, la ruine. La force appelle l’attaque, l’élévation attire la critique, l’action ne va pas sans déficits, les conseils de la sagesse sont méprisés, rien n’est ni stable ni durable. Retiens bien, ô disciple, que le seul fondement solide, c’est la connaissance du Principe et de son action (indifférence et abstraction).


B.   L’incorruptible Hioung-ileao, ayant visité le marquis de Lou, remarqua qu’il était triste et lui en demanda la raison. C’est que, dit le marquis, alors que j’ai étudié les règles des anciens et cherché à faire honneur à mes prédécesseurs ; alors que j’ai vénéré les Mânes et honoré les Sages, personnellement et constamment, je suis affligé, coup sur coup, par toute sorte de malheurs. — Cela ne m’étonne pas, dit I-leao. Les moyens que vous avec employés ne vous préserveront pas. Songez au renard, au léopard. Ces animaux ont beau se retirer dans les profondeurs des forêts et les cavernes des montagnes, ne sortant que la nuit et avec beaucoup de précautions, endurant la faim et la soif plutôt que de s’aventurer dans les lieux habités ; ils finissent toujours par périr dans un filet ou dans un piège. Pourquoi ? À cause de leur belle fourrure, que les hommes convoitent. Or vous, Altesse, le Marquisat de Lou, c’est votre fourrure à vous, que vos voisins convoitent. Si vous voulez trouver la paix, dépouillez-vous en bénévolement, éteignez tous les désirs de votre cœur, retirez-vous dans la solitude. Dans le pays de Nan-ue, il y a une ville, dite Siège de la solide vertu. Ses habitants sont ignorants et frustes, sans intérêts propres et sans désirs. Ils produisent, mais ne thésaurisent pas ; ils donnent, sans exiger qu’on leur rende. Chez eux, ni étiquette, ni cérémonies. Cependant, malgré leur air de sauvages, ils pratiquent les grandes lois naturelles, fêtent les naissances et pleurent les décès. Marquis, quittez votre marquisat, renoncez à la vie vulgaire ; allons vivre ensemble là-bas ! — C’est loin ! fit le marquis ; la route est difficile ; il y a des monts et des fleuves à passer ; je n’ai ni bateau ni char. — I-leao dit : Si vous étiez détaché de vos dignités, si vous ne teniez pas à votre pays, si vous désiriez aller là bas, votre désir vous y transporterait. — C’est loin ! fit le marquis. Et les provisions ? Et les compagnons ? — I-leao dit : Si vous ne teniez pas à votre luxe, si vous n’étiez pas attaché à votre bien-être, vous ne vous préoccuperiez pas des provisions ; vous vous confieriez aux fleuves, à la mer, ne craignant même pas de perdre la terre de vue ; et l’abandon de vos compagnons ne vous ferait pas reculer. Mais je vois bien, maître de vos sujets, que vos sujets sont vos maîtres, car vous tenez à eux. Vous n’êtes pas un Yao, qui ne considéra jamais personne comme son sujet, et ne fut jamais le sujet de personne. J’ai tenté de vous guérir de votre mélancolie ; mais vous n’êtes pas homme à employer l’unique remède efficace, lequel consiste, après avoir tout abandonné, à s’unir au Principe, dans l’abstraction Cette abstraction doit aller jusqu’à l’oubli de sa personnalité. Car tant qu’on garde la notion de sa personnalité, ses conflits avec celles d’autrui empêcheront la paix. Soit un bac traversant un fleuve. Si une barque vide qui dérive vient à le heurter, fussent-ils irascibles, les mariniers du bac ne se fâcheront pas, parce qu’aucune personne n’est entrée en conflit avec eux, la barque étant vide. Si, au contraire, il y a une personne dans la barque, des cris et des injures partiront aussitôt du bac. Pourquoi ? Parce qu’il y a eu conflit de personnes. ... Un homme qui aura su se dépouiller même de sa personnalité pourra parcourir le monde entier sans éprouver de conflit.


C.   Un certain Tch’ee fut chargé, par le duc Ling de Wei, de recueillir l’argent nécessaire pour fondre un carillon de cloches. Il s’établit sur un tertre, à l’entrée de la ville. Au bout de trois mois, le carillon était fondu et suspendu. King-ki, du sang impérial des Tcheou, demanda à Tch’ee : Comment avez vous fait, pour réussir si bien et si vite ? — Tch’ee dit : Je me suis bien gardé de rien faire. L’adage ne dit-il pas : ciseler, polir ne vaut pas laisser agir la nature. Avec l’air le plus indifférent, sans m’en occuper aucunement, j’ai laissé faire les gens, spontanément, comme la nature opère. Ils sont venus, apportant leurs offrandes, sans que je les aie appelés, et sont repartis sans que je les aie retenus. Je n’ai rien dit, ni à ceux qui m’ont déplu, ni à ceux qui m’ont plu. Ils ont tous donné ce qu’ils pouvaient ou voulaient, et moi j’ai encaissé sans observations. Ainsi tout s’est passé sans le moindre accroc. La même manière de faire ferait réussir pareillement l’entreprise la plus considérable (le gouvernement d’une principauté ou d’un empire, dit la glose).


D.   Après que Confucius, bloqué durant sept jours, avec ses disciples, sur la frontière des principautés de Tch’enn et de Ts’ai, eut failli périr de famine, le grand duc Jenn lui présenta ses condoléances en ces termes : Maître, cette fois vous avez vu la mort de près. — Oui, dit Confucius. — Vous a-t-elle fait peur ? — Oui, dit Confucius. — Alors, dit le grand duc Jenn, je vais vous donner la recette qui préserve des dangers de mort. ... Au bord de la mer orientale se trouve l’oiseau I-tai, qui vit par bandes. Chaque individu se défiant de soi même, ils volent toujours appuyés l’un contre l’autre, Dans un ordre parfait, aucun ne quittant le gros, ni pour avancer, ni pour reculer. Quand ils mangent, c’est également en troupe, aucun ne s’écartant pour happer une meilleure bouchée, chacun picorant à son rang. Cette belle ordonnance les protège contre les animaux et contre les hommes, contre tous les accidents. Ainsi en va-t-il de l’homme, qui vit comme et avec les autres, qui ne fait pas bande à part, comme vous Confucius faites. Pour éviter le malheur, il faut encore se garder d’affecter des qualités ou des talents extraordinaires, comme vous faites. L’arbre le plus droit sera le premier abattu. Le puits dont l’eau est la plus douce sera le premier asséché. Votre science effarouche les ignorants, vos lumières offusquent les sots. N’accaparez pas le soleil et la lune. Ce sont vos prétentions qui vous attirent vos malheurs. Jadis j’ai ouï ceci d’un homme de haut mérite : Se vanter, c’est se fermer la voie de la fortune ; si on a déjà mérites et renom, c’est s’attirer la spoliation. S’effacer, se cacher dans la masse, voilà la sécurité... Suivre le flot sans se distinguer, aller son chemin sans se faire remarquer, modestement, simplement, jusqu’à se faire passer pour vulgaire ; effacer le souvenir de ses mérites et faire oublier sa réputation ;voilà le secret pour vivre en paix avec les hommes. Le sur-homme recherche l’obscurité. Pourquoi cherchez-vous, vous, la notoriété ? — Merci, dit Confucius ; et, interrompant ses relations ordinaires, après avoir congédié ses disciples, il se cacha dans les roseaux d’un marais, s’habilla de peaux, se nourrit de glands et de châtaignes. A la longue il retourna si parfaitement à l’état de nature que sa présence ne fit plus peur aux quadrupèdes et aux oiseaux. Les hommes finirent même par le trouver supportable.


E.   Un jour Confucius dit à maître Sang-hou : J’ai été par deux fois chassé de la principauté de Lou. A Song ils ont abattu l’arbre qui m’abritait. On m’a coupé le chemin à Wei. J’ai couru des dangers à Chang et à Tcheou. J’ai été bloqué entre Tch’enn et Ts’ai. Par suite de ces malheurs successifs, mes amis s’éloignent de moi, mes disciples m’abandonnent. Qu’ai-je fait pour que tout cela m’arrive ? — Sang-hou dit : Vous savez l’histoire de Linn-Hoei, qui dans la déroute de Kia, s’enfuit, jetant son sceptre de jade qui valait bien mille lingots d’or, et emportant sur son dos son petit enfant. Certes, le sceptre valait plus que l’enfant ; l’enfant était plus difficile à sauver que le sceptre ; cependant Linn-Hoei emporta l’enfant et abandonna le sceptre. Pourquoi ? Parce que l’intérêt seul l’attachait au sceptre, tandis que la nature le liait à l’enfant. Or l’intérêt est un lien faible, que le malheur dénoue. Tandis que la nature est un lien fort, qui résiste à toutes les épreuves. Il en va de même, de l’amitié intéressée, et de l’amitié transcendante. L’homme supérieur, plutôt froid, attire ; le vulgaire, quoique chaud, repousse. Les liaisons qui n’ont pas une raison d’être profonde, se défont comme elles se sont faites. Or vous n’êtes qu’un homme vulgaire, et l’intérêt est le seul lien qui vous lie à vos disciples. Aussi leur attachement cesse-t-il avec l’adversité. — Je vous remercie, dit Confucius. ... Il se retira pensif, ferma son école et renonça aux livres. Ses disciples congédiés ne lui firent plus de révérences, mais commencèrent à l’estimer. — — Une autre fois Sang-hou dit : Quand il fut sur le point de mourir, Chounn intima à U ce qui suit : Prends y bien garde ! L’affection qui n’a pour fondement que les formes corporelles n’est pas solide. Pour être solide, il faut que l’affection ait pour fondement de sérieuses raisons. Être aimé ne vaut pas en imposer. L’ascendant conquis par de véritables qualités est seul durable. On est fidèle à un pareil homme, non pour sa beauté, ni pour ses faveurs, mais pour sa valeur intrinsèque.


F.   Habillé d’une robe en grosse toile rapiécée, ses souliers attachés aux pieds avec des ficelles, Tchoang-tzeu rencontra le roitelet de Wei. — Dans quelle détresse je vous vois, maître, dit le roi. — Pardon, roi, dit Tchoang-tzeu, pauvreté, pas détresse. Le lettré qui possède la science du Principe et de son action n’est jamais dans la détresse. Il peut éprouver la pauvreté, s’il est né dans des temps malheureux. ... Tel un singe, dans un bois de beaux arbres aux branches longues et lisses, s’ébat avec une agilité telle, que ni I ni P’eng-mong (archers célèbres) ne pourraient le viser. Mais quand il lui faut grimper à des arbres rabougris et épineux, combien son allure est moins alerte ! C’est pourtant le même animal ; mêmes os, mêmes tendons. Oui, mais les circonstances devenues défavorables, l’empêchent de faire un libre usage de ses moyens. ... Ainsi le Sage né sous un prince stupide qu’entourent des ministres incapables, aura à souffrir. Ce fut le cas de Pi-kan, à qui le tyran Tcheou-sinn fit arracher le cœur.


G.   Quand Confucius fut bloqué entre Tch’enn et Ts’ai, durant sept jours, sans possibilité de cuire aucun aliment, il prit dans sa main gauche un bois sec, et le battit de la main droite avec une branche morte, en chantonnant l’ode de maître Piao. Musique sans tons ni mesure, murmure naturel du cœur blessé, rappelant celui de la terre que le soc de la charrue déchire. — Yen-Hoei, le disciple favori, se tenait là, dans la pose d’un désespéré, les bras croisés, regardant son maître. Craignant qu’il ne s’exaltât outre mesure, Confucius lui dit : Hoei, se résigner aux épreuves naturelles est facile. Rester indifférent aux faveurs des hommes est difficile. Il n’y a pas de commencement qui ne soit suivi d’une fin. L’homme est un avec le ciel. Moi qui chante maintenant, qui suis-je[1] ? — Yen-Hoei ne comprenant pas, demanda des explications : Se résigner aux épreuves naturelles est facile ; qu’est-ce à dire, maître ?.. Confucius dit : La faim, la soif, le froid, le chaud, la pauvreté, les obstacles et les contradictions, tout cela est inclus dans l’évolution cosmique, dans la loi des transformations ; tout homme rencontre donc ces choses sur sa route, et doit s’y résigner. Un inférieur ne doit pas se révolter contre les dispositions de son supérieur. Combien plus le devoir de la soumission incombe-t-il à tout homme par rapport au ciel ! — Yen-Hoei reprit : Rester indifférent aux faveurs des hommes est difficile ; qu’est-ce à dire ?.. Confucius dit : Vers un homme en charge, honneurs et argent, tout conflue. Biens extérieurs, qui n’ajoutent rien à sa valeur morale, qui ne changent rien à sa destinée. Celui qui se laisse séduire par eux, déchoit du rang de Sage, tombe au niveau des voleurs (que l’argent tente). Or, vivre au milieu des richesses et des honneurs, sans se laisser séduire par les richesses et les honneurs, c’est très difficile. Il faut au Sage, dans cette situation, la circonspection de l’hirondelle. Cet oiseau ne se pose jamais sur un point que son œil perçant a jugé peu sûr. Quand il a manqué sa proie, il ne s’arrête ni ne revient, mais continue son vol à tire d’aile. Il vit parmi les habitations des hommes, mais en se défiant toujours de leurs habitants. — Yen-Hoei reprit : Il n’y a pas de commencement, qui ne soit suivi d’une fin ; qu’est-ce à dire ?.. Confucius dit : Tous les êtres changeant sans cesse de forme, le donneur de ces formes étant inconnu et les règles qu’il suit étant mystérieuses, que peut-on savoir de sa fin, que peut-on savoir du commencement nouveau qui suivra cette fin ? Il n’y a donc qu’à attendre ce qui adviendra, en se tenant dans une attitude correcte. — Yen-Hoei reprit : L’homme est un avec le ciel ; qu’est-ce à dire ?.. Confucius dit : Être un homme, c’est être ciel (partie intégrante de la norme universelle). Être le ciel, c’est aussi être ciel (la masse de la norme universelle). Ce qui empêche l’homme d’être le ciel (fondu dans la masse avec perte de sa personnalité), c’est son activité propre. Aussi le Sage s’abstient-il d’agir, et s’abandonne-t-il à l’évolution, qui l’absorbera à la fin dans le grand tout.


H.   Comme Tchoang-tcheou (Tchoang-tzeu) braconnait dans le parc réservé de Tiao-ling, un grand oiseau vint en volant du sud. Ses ailes avaient sept pieds de long. Ses yeux avaient plus d’un pouce de circonférence. Il passa si près de Tchoang-tcheou que son aile effleura sa tête, et s’abattit dans un bosquet de châtaigniers. Tchoang-tcheou courut après lui, en armant son arbalète. Sur le tronc ombragé d’un arbre, une cigale prenait le frais, absorbée dans sa musique. Une mante carnassière l’attaqua. Le grand oiseau fondit sur les deux, ce qui donna à Tchoang-tcheou l’occasion de l’abattre. Tandis qu’il le ramassait, voilà se dit-il comme l’égoïsme et l’antagonisme portent les êtres, qui ont pourtant tous une même nature, à se détruire les uns les autres !.. Comme il sortait du bois, peu s’en fallut que le garde ne le saisît, pour braconnage. — Rentré chez lui, Tchoang-tcheou s’enferma durant trois mois. Son disciple Linn-tsu lui ayant demandé la raison de ce long confinement, il dit : J’ai employé ce temps à me convaincre, que, pour vivre longtemps, il ne faut pas guerroyer avec les autres, mais faire et penser comme tout le monde. À toujours batailler, on finit par avoir son tour. J’ai appris cela du grand oiseau, et du garde chasse de Tiao-ling[2].


I.   Maître Yang (Yang-tchou) allant dans la principauté de Song, passa la nuit dans une auberge. L’aubergiste avait deux femmes, l’une belle, l’autre laide. La laide était aimée, la belle non. — Pourquoi cela ? demanda maître Yang. — Parce que, lui dit un petit domestique, la belle se sachant belle, pose, ce qui fait que nous ignorons délibérément sa beauté ; tandis que la laide se sachant laide, s’efface, ce qui fait que nous ignorons délibérément sa laideur. — Retenez ceci, disciples ! dit maître Yang. Exceller, sans faire sentir son excellence, voilà la conduite qui fait aimer partout.


  1. Je n’ai pas, en réalité, de personnalité stable. J’ai été jadis, je ne sais pas qui ni quoi. Je vais devenir, je ne suis pas qui ni quoi. Succession de sorties et de rentrées du et dans le grand tout.
  2. La cigale, la mante, l’oiseau, l’arbalétrier, le garde, représentent les écoles philosophiques et politiques du temps, toujours guerroyant et bataillant. La cigale, c’est Confucius, hypnotisé par son ramage monotone. La mante contemplative et mordante, c’est Lao-tseu. Les trois mois de retraite de Tchoang-tzeu, ne le convertirent pas. Il resta frondeur et combatif.