Les Watson

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Jane Austen
Trad. Wikisource
Les Watson – The Watsons
1793-1795, publié en 19..
Livre entier





LES WATSON







PRÉFACE


“Les Watson” est le nom donné par ceux qui le publièrent, à un fragment écrit par Jane Austen, lorsqu’elle vivait à Bath. C’est écrit dans le style de la maturité de l’écrivain et non celui d’une composition de jeune fille. Il est superficiel[1] et incomplet, mais plein de promesses[2], et c’est un regret que l’auteur ne l’ait pas fini. La raison qui l’a conduite à l’abandonner[3] n’est pas connue[4] ; il a été probablement interrompu par la pression des engagements sociaux et l’intérêt en a été perdu une fois le fil rompu.

Son neveu pense[5] qu’elle s’est rendu compte de l’erreur d’avoir placé son héroïne trop bas dans l’échelle sociale, dans une telle position de pauvreté et d’obscurité qui, bien que pas nécessairement liée à la vulgarité, a une triste tendance à s’y abaisser[6], et, par conséquent, comme un chanteur qui a commencé sur une mauvaise note[7], elle a interrompu le mouvement[8]. Jane Austen était "comme il faut"[9] dans le sens du mot en son temps[10], et pas dans le sens évident du mot à l’heure actuelle. Mais les Watson sont de la gentry : ils vont au bal où ils rencontrent l’aristocratie, mais ils y vont dans la voiture d’un ami, pas dans la leur, et quand des connaissances aristocratiques leur rende visite, leur dîner pris de bonne heure leur fait plutôt honte.

Emma Watson devient l’objet de l’attention d’un pair et d’un autre homme, de fortune indépendante, en même temps. Il ressort de l’esquisse de l’intrigue que l’auteur a dévoilée à sa sœur, qu’Emma était sur le point de décliner une offre de mariage d’un pair et d’épouser un ecclésiastique bon parti. Que l’histoire la portait hors de l’atmosphère[11] de la haute bourgeoisie ne peut guère avoir été la raison de Jane Austen pour l’avoir laissé de côté. Non plus que « Les Watson » a été cassé dans le but d’utiliser les matériaux dans un autre ouvrage. Mme Robert Watson, avec ses airs vulgaires à la mode, ressemble fort à Mme Elton ; Henry Crawford en tant que gai briseur de cœur a une ressemblance avec Tom Musgrave ; et l’égoïsme querelleur de Margaret préfigure celui de Mary Musgrove. Mais il n’y a pas d’autre affinité qui apparaisse. M. Watson est, comme M. Woodhouse, un malade, mais pas un valétudinaire.

Les personnages "des Watson," comme ceux de tout le répertoire d’Austen, changent, vivent, et ont leurs manières d’être dans une atmosphère de gentility moralisatrice. L’amour et le mariage sont les motifs de base de ces études au naturel de la classe moyenne anglaise du XVIIIe siècle. Sa peinture des caractères est fidèle à la réalité[12], même si les personnages sont artificiels, et fidèle à l'époque du XVIIIe siècle.



Les Watson


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La première assemblée de l’hiver en la ville de D. dans le Surrey devait avoir lieu le mardi 13 octobre, et on s’attendait généralement à ce qu’elle soit très réussie. Une longue liste des meilleures familles, récapitulait ceux qui devaient y assister, et un optimisme confiant assurait que les Osborne eux-mêmes, seraient là. L’invitation des Edward aux Watson s’ensuivit, bien sûr. Les Edward étaient des gens fortunés, qui vivaient en ville et avaient leur voiture[13]. Les Watson habitaient un village distant d’environ trois miles, étaient pauvres, et n’avaient pas de voiture ; et même s’il y avait eu des bals sur place, les premiers étaient habitués à inviter ceux-ci pour se vêtir[14], manger, et dormir dans leur maison au retour de chaque mois (et ce) pendant tout l’hiver. En cette occasion là, comme seulement deux des enfants de M. Watson étaient à la maison, et qu'un était en permanence nécessaire comme compagnon pour lui-même, car il était malade et avait perdu sa femme, une seule pouvait profiter de la gentillesse de leurs amis. Miss Emma Watson, qui a été très récemment rendue à sa famille par une tante qui l’avait élevée, ferait sa première apparition publique dans le voisinage, et sa sœur aînée, dont le plaisir des bals n’avait pas été affaibli par une jouissance de dix années, avait un certain mérite dans le soin joyeux de la conduire, elle et tous ses atours, dans la vieille carriole à D. en cette importante matinée.

Comme elles pataugaient le long de la voie sale, Miss Watson en profita pour informer et mettre en garde sa sœur inexpérimentée :

J’ose dire que ce sera un très bon bal, et parmi tant d’officiers vous n’aurez pas le temps de désirer un partenaire. Vous trouverez la femme de chambre de Mme Edward tout à fait disposée à vous aider, et je vous conseille de demander l’avis de Mary Edwards, si vous êtes perdue en quoi que ce soit, car elle a très bon goût. Si M. Edwards ne perd pas son argent au jeu, vous allez rester aussi tard que vous pouvez le souhaiter ; s’il perd, il pressera peut-être pour rentrer à la maison — mais vous êtes assurée de trouver un réconfortant potage[15]. J’espère que vous serez très en beauté. Je ne serais pas surprise si vous étiez considérée comme l’une des plus jolies filles dans la salle[16] ; on fait toujours grand de cas de la nouveauté[17]. Peut-être même que Tom Musgrave vous remarquera, mais je vous conseille en tout cas[18] de ne surtout pas l’encourager. Il fait généralement attention à chaque fille nouvelle, mais c’est un grand séducteur, et ça n’est jamais sérieux.

“ Je pense que je vous ai déjà entendu parler de lui auparavant ”, dit Emma, ​​“ qui est il ? ”

Un jeune homme de très bonne fortune, tout à fait indépendant, et remarquablement agréable, ― un favori partout où il va. La plupart des filles d’ici sont amoureuses de lui, ou l’ont été. Je crois que je suis la seule parmi elles qui ait réchappé avec un cœur intact, et pourtant j’ai été la première à laquelle il ait fait attention quand il est venu dans ce pays il y a six ans, et une c’est une très grande attention qu’il m’a rendue. Certaines personnes disent qu’il n’a jamais semblé aussi épris depuis, bien qu’il ait toujours eu un comportement particulier avec l’une ou l’autre. "

“ Et comment a fait votre cœur pour être le seul à rester froid ? ” dit Emma, en souriant.

“ Il y avait une raison à cela ”, répondit Miss Watson, changeant de couleur, — “ Je n’ai pas été très bien traitée parmi eux, Emma. J’espère que vous aurez plus de chance. ”

“ Chère sœur, je vous demande pardon si je vous ai inconsciemment causé de la douleur. ”

“ Lorsque nous connûmes pour la première fois Tom Musgrave, continua miss Watson, sans avoir l’air de l’entendre : “ J’étais très attachée à un jeune homme du nom de Purvis, un ami proche de Robert, qui était avec nous très souvent. Tout le monde pensait qu’il y aurait un mariage. ”

Un soupir accompagna ces mots, ce qu’Emma respecta en silence, mais sa sœur après une courte pause continua.

“ Vous allez naturellement me demander pourquoi il n’a pas eu lieu, et pourquoi il est marié à une autre femme, alors que je suis toujours célibataire. Mais vous devez le demander à lui, pas à moi, — vous devez demander à Penelope. Oui, Emma, Penelope était au cœur de tout cela. Elle croit que tout se justifie pour obtenir un mari. Je lui ai fait confiance, elle lui a monté la tête contre moi, en vue de l’obtenir pour elle-même, et cela l’a conduit à interrompre ses visites, et peu après son mariage avec une autre. Penelope prend sa conduite à la légère, mais je trouve cette trahison fort mauvaise. Elle a été la ruine de mon bonheur. Je ne pourrai jamais aimer un autre homme comme j’ai aimé Purvis. Je ne pense pas que Tom Musgrave et lui devrait être mentionné dans la même journée. ”

“ Vous me choquez grandement par ce que vous dites de Penelope, ” dit Emma. “ Une sœur peut elle faire une chose pareille ? Rivalité, trahison entre sœurs ! Je devrais avoir peur d’être en relation avec elle. Mais j’espère que ce n’était ainsi ; que les apparences étaient contre elle. ”

Vous ne connaissez pas Penelope. Il n’y a rien qu’elle ne puisse faire pour se marier. Elle pourrait tout aussi bien vous le dire elle-même. Ne lui confiez aucun de vos secrets, prenez au sérieux mes mises en garde, ne lui faites pas confiance ; elle a ses qualités, mais elle n’a ni foi, ni honneur, ni scrupule, si elle peut promouvoir son propre avantage. Je lui souhaite de tout cœur, de se bien marier. Je déclare même que je préférerais qu’elle soit bien mariée plutôt que moi. ”

“ Que vous-même ! Oui, je peux le croire. Un cœur blessé comme le vôtre peut n’avoir que peu d’inclination pour le mariage.

“ Pas grand-chose en effet — mais vous savez bien que nous devons nous marier. Je pourrais très bien vivre seule pour ma part ; un peu de compagnie, et un bal agréable de temps en temps, ce serait suffisant pour moi, si l’on pouvait être jeune toujours ; mais mon père ne peut pas subvenir à nos besoins, et il est dur de vieillir, d’être pauvre et moqué. J’ai perdu Purvis, il est vrai ; mais très peu de gens se marient à leur premier amour. Je ne devrais pas refuser un homme parce qu’il n’est pas Purvis. Non pas que je puisse jamais tout à fait pardonner à Penelope. ”

Emma acquiesça de la tête.

“ Penelope, cependant, a eu ses déboires[19] ”, poursuivi Mlle Watson. “ Elle a été tristement déçue par Tom Musgrave, qui par la suite a transféré ses attentions de moi à elle, et qu’elle aimait beaucoup, mais il ne cherchait rien de sérieux, et quand il a assez joué d’elle, il l’a négligée pour Margaret, et cette pauvre Penelope a été très malheureuse. Et depuis, elle a essayé de faire quelque conquête à Chichester, Page:Austen Lady Susan Watson Letters.djvu/144 Page:Austen Lady Susan Watson Letters.djvu/145 Page:Austen Lady Susan Watson Letters.djvu/146 Page:Austen Lady Susan Watson Letters.djvu/147 Page:Austen Lady Susan Watson Letters.djvu/148 Page:Austen Lady Susan Watson Letters.djvu/149 Page:Austen Lady Susan Watson Letters.djvu/150 Page:Austen Lady Susan Watson Letters.djvu/151 Page:Austen Lady Susan Watson Letters.djvu/152 Page:Austen Lady Susan Watson Letters.djvu/153 Page:Austen Lady Susan Watson Letters.djvu/154 Page:Austen Lady Susan Watson Letters.djvu/155 Page:Austen Lady Susan Watson Letters.djvu/156 Page:Austen Lady Susan Watson Letters.djvu/157 Page:Austen Lady Susan Watson Letters.djvu/158 Page:Austen Lady Susan Watson Letters.djvu/159 Page:Austen Lady Susan Watson Letters.djvu/160 Page:Austen Lady Susan Watson Letters.djvu/161 Page:Austen Lady Susan Watson Letters.djvu/162 Page:Austen Lady Susan Watson Letters.djvu/163 Page:Austen Lady Susan Watson Letters.djvu/164 Page:Austen Lady Susan Watson Letters.djvu/165 Page:Austen Lady Susan Watson Letters.djvu/166 Page:Austen Lady Susan Watson Letters.djvu/167 Page:Austen Lady Susan Watson Letters.djvu/168 Page:Austen Lady Susan Watson Letters.djvu/169 Page:Austen Lady Susan Watson Letters.djvu/170 Page:Austen Lady Susan Watson Letters.djvu/171 Page:Austen Lady Susan Watson Letters.djvu/172 Page:Austen Lady Susan Watson Letters.djvu/173 Page:Austen Lady Susan Watson Letters.djvu/174 Page:Austen Lady Susan Watson Letters.djvu/175 Page:Austen Lady Susan Watson Letters.djvu/176 Page:Austen Lady Susan Watson Letters.djvu/177 Page:Austen Lady Susan Watson Letters.djvu/178 Page:Austen Lady Susan Watson Letters.djvu/179 Page:Austen Lady Susan Watson Letters.djvu/180 Page:Austen Lady Susan Watson Letters.djvu/181 Page:Austen Lady Susan Watson Letters.djvu/182 Page:Austen Lady Susan Watson Letters.djvu/183 Page:Austen Lady Susan Watson Letters.djvu/184 Page:Austen Lady Susan Watson Letters.djvu/185 Page:Austen Lady Susan Watson Letters.djvu/186 Page:Austen Lady Susan Watson Letters.djvu/187 Page:Austen Lady Susan Watson Letters.djvu/188 Page:Austen Lady Susan Watson Letters.djvu/189 Page:Austen Lady Susan Watson Letters.djvu/190 Page:Austen Lady Susan Watson Letters.djvu/191 Page:Austen Lady Susan Watson Letters.djvu/192 Page:Austen Lady Susan Watson Letters.djvu/193 Page:Austen Lady Susan Watson Letters.djvu/194 Page:Austen Lady Susan Watson Letters.djvu/195 Page:Austen Lady Susan Watson Letters.djvu/196 Page:Austen Lady Susan Watson Letters.djvu/197 Page:Austen Lady Susan Watson Letters.djvu/198 Page:Austen Lady Susan Watson Letters.djvu/199 Page:Austen Lady Susan Watson Letters.djvu/200 Page:Austen Lady Susan Watson Letters.djvu/201 Page:Austen Lady Susan Watson Letters.djvu/202 Page:Austen Lady Susan Watson Letters.djvu/203 Page:Austen Lady Susan Watson Letters.djvu/204 Page:Austen Lady Susan Watson Letters.djvu/205 Page:Austen Lady Susan Watson Letters.djvu/206 Page:Austen Lady Susan Watson Letters.djvu/207 Page:Austen Lady Susan Watson Letters.djvu/208 Page:Austen Lady Susan Watson Letters.djvu/209 Page:Austen Lady Susan Watson Letters.djvu/210 Page:Austen Lady Susan Watson Letters.djvu/211 Page:Austen Lady Susan Watson Letters.djvu/212 Page:Austen Lady Susan Watson Letters.djvu/213 Page:Austen Lady Susan Watson Letters.djvu/214 Page:Austen Lady Susan Watson Letters.djvu/215 Page:Austen Lady Susan Watson Letters.djvu/216 Page:Austen Lady Susan Watson Letters.djvu/217 Elle était fort pressée par Robert et Jane de s’en retourner avec eux à Croydon, et avait quelques difficultés à faire accepter un refus, comme ils avaient une trop haute opinion de leur gentillesse et de leur situation pour supposer que l’offre puisse paraitre moins avantageuse aux yeux de quelqu’un d’autre. Elizabeth entra dans leur intérêt, si évidemment en dépit du sien, en exhortant Emma, en privé, à y aller.

“Vous ne savez pas ce que vous refusez, Emma”, dit-elle, ni ce que vous aurez à supporter à la maison. Je vous conseille instamment d’accepter l’invitation ; il y a toujours quelque chose de réjouissant qui se passe à Croydon. Vous aurez de la compagnie presque tous les jours, et Robert et Jane seront très gentils avec vous. Quant à moi, je ne serai pas dans une situation pire sans toi que jusqu’alors, mais les manières désagréables de la pauvre Margaret sont nouvelles pour vous, et elles vont vous mortifier, plus que vous ne le pensez, si vous restez à la maison”.

Emma n’a bien sûr pas été influencée par ces considérations, sauf à augmenter son estime pour Elizabeth, et les visiteurs partirent sans elle.



Quand la sœur de l’auteur, Cassandra, a montré le manuscrit de cet ouvrage à certaines de ses nièces, elle leur a aussi dit quelque chose de l’histoire prévue ; car avec cette chère sœur, — et même, je crois, avec personne d’autre — Jane semble avoir parlé librement de tout ses travaux en cours. M. Watson allait bientôt mourir ; et Emma devenir dépendante pour un toit d’une belle-sœur et d’un frère étroits d’esprit. Elle était sur le point de décliner une offre de mariage de Lord Osborne, et une grande partie de l’intérêt de l’histoire vient de l’amour de Lady Osborne pour M. Howard, et de l'affection a contrario de ce dernier pour Emma, ​​avec qui il se marie finalement.


Aile nord de la cathédrale de Winchester ; tombeau de Jane Austen



Austen Lady Susan Watson Letters.djvu



  1. pas détaillé/complexe/fouillé/très élaboré
  2. fort-très prometteur
  3. mettre de côté
  4. Pourquoi l’a-t-elle mis de côté, on ne le sait pas / On ne sait pas pourquoi elle l’a laissé de côté
  5. exprime l’avis
  6. a y tendre
  7. gamme/tonalité
  8. la mesure
  9. genteel : plus que comme il faut, geentel se réfère à la gentry, petit aristocratie de l’angleterre. Jane était aristocratique et non pas maniérée, affectée sens plus actuel de genteel
  10. l’acception du mot à son époque
  11. région, contexte
  12. la vie (en) vrai
  13. /carrosse/calèche
  14. /préparer
  15. ???
  16. présente
  17. Il y a toujours de l’attrait dans la nouveauté
  18. par tous les moyens
  19. déceptions problèmes/ennuis