Les Merveilleux Voyages de Marco Polo dans l’Asie du XIIIe siècle/Partie II/Chapitre 15

CHAPITRE XV

Le royaume d’Erguiul


Dans le royaume d’Erguiul[1], à cinq jours de marche de Campicui[2], vivent des bœufs sauvages grands comme des éléphants et tout couverts de poil a l’exception du dos. Ils sont blancs et noirs : leur poil est long de quatre paumes. Ils s’apprivoisent quand on les prend dans leur jeunesse. Lorsqu’ils ont grandi, leur maîtres leur font porter des fardeaux et labourer la terre. Ils labourent deux fois mieux qu’aucune autre bête à cause de leur grande force.

En cette contrée, on trouve le meilleur musc du monde. Voici d’où il provient. Il y a une sorte de bête sauvage qui a le poil du cerf et les pieds et la queue de la gazelle ; elle n’a pas de cornes, mais quatre dents, deux en haut et deux en bas, longues chacune de trois doigts et minces. Quand on l’a capturée, on trouve au nombril, entre la peau et la chair, une sorte de poche qu’on enlève avec la peau en dépouillant l’animal. Cette poche contient le musc dont le parfum est si puissant. Ces bêtes foisonnent dans le pays.

  1. Kan-Tcheou, à la frontière de la Chine et de la Mongolie.
  2. Young-Lchan-lin dans le Kan-suh.