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Aux lecteurs bien-veillans



Aux Lecteurs bien-veillans.

C’est à vous seulement (belles et vertueuses ames) que je presente encor une fois ce bouquet embelly de plusieurs fleurs d’eslite, dont l’odeur (comme je croy) vous sera autant ou plus agreable qu’il n’avoit esté du precedent. Car je ne l’ay point cueilly pour ces esprits punais et malades, qui ne sentent rien et lesquels le voudroient indiscretement blasonner, entretenans leur faineantise ordinaire à censurer les honnestes exercices d’autruy, et syndiquer mesmes tout ce qui est de plus vertueux quand ils tiennent leurs consitoires, ce seroit jetter les Marguerites devant les pourceaux. C’est donc à vous (di-je Lecteurs bien-veillans) que je l’offre pour la derniere fois, vous rendant graces immortelles, de l’avoir si gracieusement reçeu par cy devant, vous promettant que pour me desaquiter de ceste obligation (s’il plaist à Dieu favoriser mes desseins) quelque jour apres avoir flairé les fleurs, je vous feray gouster des fruicts. Adieu.